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Au Parti socialiste, le désarroi des salariés « placardisés » à l’approche d’un nouveau plan de licenciements

« On incarne un récit, l’histoire du parti, et c’est précisément ce dont ils ne veulent plus entendre parler. » Comme plusieurs de ses collègues qui dénoncent les conditions de leur licenciement dans une lettre adressée lundi 1er février à franceinfo, Eric* sait que ses jours au sein du Parti socialiste sont comptés. La semaine dernière, le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a officiellement annoncé aux salariés et au bureau national la suppression de 11 postes de permanents pour des raisons budgétaires. Une nouvelle coupe après la suppression de 55 postes lors d’un plan social signé fin 2017, consécutif à la double débâcle des élections présidentielle et législatives.

Le plan social de 2017 et la vente du siège historique de la rue de Solférino (45,5 millions d’euros) – deux opérations engagées par la précédente direction, avant l’élection d’Olivier Faure – étaient censés remettre les comptes du parti à flot. Mais les prévisions se sont révélées bien trop optimistes. L’emménagement au nouveau siège d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) n’avait pas été budgétisé, explique à franceinfo la trésorière du PS, Pernelle Richardot, qui affirme par ailleurs avoir trouvé en arrivant « un découvert de 6 millions d’euros » sur l’un des comptes bancaires du parti.

Les résultats décevants du PS lors des élections européennes en 2019 et sénatoriales en 2020 ont ensuite fait chuter la « dotation publique », montant versé annuellement au parti par l’Etat. Pour ne rien arranger, la crise du Covid-19, avec ses périodes de confinement et de couvre-feu, a conduit au report sine die du congrès prévu en décembre à Villeurbanne (Rhône), limitant les renouvellements de cotisation des adhérents. Résultat fin 2020 : un gouffre de plus de 6 millions d’euros entre les prévisions et la réalité. « Sans mesure d’économies immédiates (…) la consommation de la trésorerie ne permettrait pas de commencer l’année 2022 avec les fonds nécessaires pour une campagne présidentielle », explique dans un document confidentiel que s’est procuré franceinfo la direction pour justifier son plan.

Mais en interne, la pilule a du mal à passer, d’autant qu’en réalité, le plan présenté par les instances dirigeantes prévoit 21 suppressions et neuf créations de postes, sur un effectif actuel de 40 salariés. Parmi les personnes visées, « des personnes en longue maladie – victimes de cancer ou de dépression – ou encore en situation de handicap », et une moyenne d’âge « supérieure à 53 ans », écrivent les salariés dans leur courrier.

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