Top 3- Livres pour prendre le large
louise 1 mai 2018

Temps de lecture : 5 minutes

Lorsque le moral est au plus bas, j’ai envie de quitter ma routine. Une envie folle de prendre mon sac et tailler la route. Alors voici un petit top 3 des livres qui nous invitent à prendre le large avec douceur, avec fureur et humour.


—LE GRAND MARIN DE CATHERINE POULAIN
J’ai découvert ce livre lorsque je vivais à Rennes. Son livre sentait la mer, la fuite, l’aventure et la solitude. Après avoir lu les premières pages, je n’ai pas hésité longtemps. En sortant de la librairie, je marchais le nez dans mon nouveau livre, quitte à me cogner contre un lampadaire.

Le grand marin raconte l’itinéraire d’une femme qui quitte sa routine pour partir pêcher en Alaska. Quelle drôle d’idée. Quelle belle idée. Une fois sur place, l’aventurière se cogne à la violence du départ, à celle des hommes avec qui elle vit sur le bateau, qu’elle déteste et aime l’instant d’après. Et s’accroche au bastingage de leur machisme en restant malgré tout. Je relis le livre encore et encore, je ne m’en lasse plus. Soudain j’ai envie de tout quitter, laisser derrière moi ces études qui m’ennuient, cette minuscule chambre d’étudiante, quitter ces histoires de cœur qui n’amènent rien de bon et partir une nuit avec mon sac. Comme ça, sans prévenir. Même gamine j’en rêvais de ces voyages où l’on part en silence, libre sans savoir où l’on va, sans concessions ni d’adieux pleins de larmes.

Couverture Le grand marin de Catherine Poulain ©Babelio

L’auteure Catherine Poulain est une aventurière dans l’âme. Ramasser des pommes au Canada, servir des verres dans un bar à Hong Kong ou travailler dans une conserverie de poissons en Islande et j’en passe. J’aime cette femme qui prend des risques, qui fait son sac sans réfléchir et se lance dans des projets qu’on estime insensés par leur singularité. Ce livre m’a bouleversé. L’écriture de cette femme est brute, sans détour, elle plante sa plume dans nos désirs de fuite les plus enfouis. Parce qu’on se donne souvent des excuses pour ne partir et risquer l’aventure. Et Catherine Poulain se bouscule elle-même, bouscule son lecteur, l’interpelle doucement et nous lance le défi sans le formuler clairement : Partir pour se sentir vivant.

 

— SUR LA ROUTE DE JACK KEROUAC
J’ai une relation particulière avec ce livre. Bientôt quatre ans qu’il traîne dans ma bibliothèque, bientôt quatre ans que je lis quelques pages avant de le refermer pour le retrouver l’année suivante. Ce livre prend la poussière, je l’admets. Mais ce que je retiens à chacune de nos retrouvailles, c’est l’envie de partir prendre la route avec ces personnages. Et cette envie devient si forte, qu’il faut que je referme le livre pour ne pas partir en vrille comme Dean et Jack, qui brûlent leur rage de vivre sur le bitume américain.

Sur la route est l’un des livres les plus connus de Jack Kerouac, publié en 1957 dans lequel il raconte les aventures quasi autobiographiques de son narrateur et de son compagnon de route. Ce livre est terriblement enragé. Sur la route ça parle de la fureur de vivre, de celle de ces hommes qui se foutent de tout, de rien, qui aiment et partent sans but précis, et ils en font des conneries ces deux canailles. Le roman décrit la route de l’auteur avec Dean, personnage extraverti, fantasque, fou et libre. Leurs folles aventures sont animées par le jazz, l’alcool, le sexe, les femmes, la drogue, et le besoin presque maladif de liberté qui se vit ici dans son extrême définition.

Sur la route de Jack Kerouac ©Renaud-Bray

Sur la route a été écrit dans l’urgence par Jack Kerouac en l’espace de trois semaines en 1951 et sans ponctuation. Sans respiration donc. Refusé par plusieurs maisons d’édition, Jack Kerouac a dû retravailler la forme de son livre, pour tenter d’apaiser le ton avec un peu de ponctuation. Mais il est souvent difficile de respirer normalement en le lisant. L’écriture est toujours aussi brute, vibrante et appelle à monter dans leur voiture et vivre avec eux leur fuite bancale. Et mes longues pauses représentent peut-être mon besoin de reprendre mon souffle après avoir dévoré en silence quelques pages. Chaque été, je retrouve Jack et Dean avec le même plaisir et la même appréhension. Parce que partir c’est aussi pour retrouver sa liberté.

 

— CHRONIQUES DE SAN FRANCISCO D’ARMISTEAD MAUPIN
Il faut bien finir sur une note légère mais une pointe d’humour piquant cette chronique littéraire non ? Chroniques de San Francisco c’est une série de neuf tomes publiés entre 1978 et 2014. L’auteur, Armistead Maupin est un écrivain américain, célèbre pour son feuilleton Tales of the City dans le journal de San Francisco Chronicle, mais également pour son engagement et son combat pour l’intégration des homosexuels par la société. Ses livres, Chroniques de San Francisco, racontent les histoires de plusieurs habitants de la ville, qui tentent de vivre dans la frénésie du San Francisco des années 70, leurs sexualités, leurs passions d’un jour et leurs histoires d’amour rocambolesques.

Le personnage principal est une femme, Mary-Ann Singleton, qui décide de quitter sa ville natale trop ennuyeuse pour venir habiter à San Francisco. Peu habituée à la mentalité des grandes villes, la jeune femme va vivre à ses dépends la découverte d’un lieu où la liberté sexuelle et d’identité des gens explose sans complexe. Elle emménage donc dans un immeuble où chacun des habitants se révèlent à la fois touchants, libres, vivants et aux personnalités très colorées. On passe ainsi de la propriétaire de l’immeuble, Anna Madrigal, libraire à la retraite qui a l’habitude d’offrir un joint de sa propre culture de marijuana à chaque nouveau arrivant. Il y a aussi Mona Ramsey, bisexuelle qui se perd dans ses hésitations amoureuses. Ou encore Michael surnommé « Mouse », jeune homosexuel, qui a du mal à trouver son chemin dans la vie, mais aussi l’homme avec qui la passer. Et pour finir, Brian Hawkins, serveur le jour et grand séducteur la nuit.

Tomes de la série Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin ©Café Powell

D’autres personnages aussi fantasques viennent bien évidemment compléter le tableau. Mais je vous laisse le soin de la lecture. Il faut le lire pour rire aux éclats, pour ces personnages profondément humains et attachants, pour ces nombreuses situations pleines de quiproquos. Il faut le lire pour son héroïne qui, au fil des tomes, s’affirme en tant qu’adulte mais aussi en tant que femme, libre et épanouie. Parce que ce livre nous donne l’envie de quitter sa zone de confort pour vivre des aventures auxquelles on ne s’attendait pas. Rencontrer des gens qu’on aurait pas pu rencontrer ailleurs. Parce qu’il faut partir pour mieux se connaître et s’affirmer dans la société et dans notre entourage avec notre propre personnalité et nos ambitions. Car partir c’est aussi se rencontrer pour la première fois.


Et de votre côté, quels livres vous donnent envie et/ou le courage de tailler la route ?

louise

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