Soft Data et Smart City, la ville du futur
fanny 23 décembre 2014

Temps de lecture : 3 minutes

À l’heure où 50 % de la population mondiale est urbaine, ce chiffre ne cesse d’augmenter et devrait atteindre les 70 % d’ici 2050. Véritable défi pour nos villes qui doivent être en mesure de subvenir à tous nos besoins. Prêt à découvrir leurs avenirs aux possibilités démultipliées grâce aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ?


 

— POURQUOI SMARTCITY ?
Une ville « smart » ou intelligente, c’est une ville où tous les flux énergétiques, informatiques et humains sont fluides. C’est un type de développement urbain qui facilite la gestion des infrastructures en matière de mobilité, transport, eau, énergie, télécommunication, équipements publics et bâtiments. Elle comprend une politique globale où tous les acteurs de la ville sont impliqués : entreprises, élus, fonctionnaires, salariés, tous les citoyens.

Cela dans le but de concevoir une ville durable où la vie quotidienne est plus facile et le fonctionnement collectif plus efficace. Concrètement, cela donne une ville où il n’y a plus de bouchon, où les déchets sont récupérés pour générer de l’énergie, où la consultation du meilleur médecin est possible par écran de chez soi en HD. C’est aussi une ville participative dans laquelle les citoyens sont conviés à donner leur avis à propos de toutes les décisions, ceci étant expliqué dans un précédant article.

À ce jour le meilleur exemple est Songdo en Corée du Sud inspiré de New York, Londres, Tokyo et Venise. Les travaux ont démarré il y a neuf ans et s’achèveront en 2028. Songdo c’est une ville ultraconnectée, aéroportuaire et construite sur la mer, de surcroit autosuffisante grâce à son agriculture sous Serre.

Un complexe de nouvelles technologies où tout est repensé. Cette ville a été créée pour être une ville « d’affaires » qui est censée attirer les plus grandes multinationales du monde et les dernières stratups. Pour pousser à fond le concept, les buildings des lieux de travail sont aussi les logements des salariés avec centres commerciaux, espace de loisirs… une miniville en un immeuble.

 

 

— LES INDISPENSABLES SOFT DATA
Par ailleurs, un tel niveau de structuration urbain ne peut exister sans la collecte de données libres dites « soft data ». Ce sont des informations mises à libre disposition et collectées dans des centres afin de créer des applications pour mieux appréhender les faits de société, les faits urbains pour les adapter en conséquence.

Très utiles pour optimiser les réseaux de distribution « smart grid » d’eau et d’électricité, ces données sont analysées afin de percevoir directement les pannes, les pics d’utilisation et de réduire les coûts d’utilisation. Par exemple pour éteindre des lampadaires les heures creuses ou créées des applications smartphone qui calculent les places de parking disponibles, préviennent en temps réel tous problèmes de circulation.

 

 

— LES LIMITES MORALES ET TECHNIQUES
Une ville qui sait tout sur tout le monde, forcément ça nous fait penser à Big Brother dans 1984. Les datas : sujet quelque peu tabou, car, si dans certains cas ces données sont récupérées avec le consentement de l’utilisateur, parfois les entreprises les revendent sans prévenir les utilisateurs. C’est là que commencent les limites de la smart city, notamment sur la question de vie privée voire même de pouvoir.

Pour un système où le citoyen vote et devient décideur, même lorsqu’il ne possède pas l’expertise ? Le citoyen est-il constamment surveillé, quitte à être « privé » de sa liberté de choix, de conscience ? C’est le reproche qui est fait par le chercheur Evgeny Morozov qui utilise l’image des barrières au niveau du métro qui empêchent quiconque de passer sans avoir acheté de tickets.

Avec cette « solution technologique », New York a donc contribué à une ville plus apaisée, moins frictionnelle… mais où l’on a aussi moins de choix. Et cette ville est-elle plus humaine pour autant ? N’est-ce pas le fait d’avoir au quotidien de nombreux choix à faire, et d’accepter de devoir en réaliser certains dans la douleur, qui fait de nous des êtres matures – et des humains ?

Mis à part ces questionnements philosophiques, on peut se demander si cette dépendance au numérique et aux données libres ne fragiliserait-elle pas la ville dans le cas où, le système technologique viendrait à faillir, se faire hacker ?

 


Aux allures de SF, la Smart City semble être la nouvelle aspiration de ce siècle. A nous de voir si on opte pour l’utopie ou la dystopie.

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Crédit photos : Songdo.com

fanny

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