Retour sur le débat « le sens du management » avec Bernard Thibault et Jean-Marie Cavada
THIBAUD 7 juillet 2014

Temps de lecture : 4 minutes

Le 30 septembre dernier se lançait la première édition de débat Le sens du management. Cette grande première était organisée et animée par Isegoria, tribune étudiante d’Audencia Nantes. Le fer de lance de ces conférences, comme le définit son organisateur, est réellement de confronter les points de vue, bousculer les habitudes, faire émerger de nouvelles idées et perspectives. Un idéal que partage notre rédaction d’ALCHIMY.

 


 

Les thèmes abordés dévoilaient une rentrée politique bien plus grave et remarquée que celle de la littérature capturée par l’ex-première dame, Valérie Trierweiler. Et qui dit première édition, dit premiers invités. Et non des moindres. Le très renommé Bernard Thibault, ex-secrétaire général de la CGT et désormais administrateur du bureau international du travail, face à Jean-Marie Cavada, journaliste, ancien Président de Radio France, eurodéputé, président de Nous Citoyens et du Mouvement Européen-France. Deux personnalités publiques qui incarnent un engagement et des caractères forts.

Cette conférence-débat avait tenté d’anticiper et de contenir les deux orateurs chevronnés, autour de trois thématiques :
1. Réguler et équilibrer l’économie internationale : une utopie ?
2. Comment renouer avec l’emploi et la compétitivité des entreprises en France ?
3. Nos dirigeants politiques et notre organisation publique sont-ils devenus obsolètes ?

Un sommaire on ne peut plus d’actualité donc, qui donna le ton et l’appétit à un amphithéâtre de plus de 300 personnes rempli pour l’occasion. C’est le jeune président d’Isegoria Julien Denis qui a ouvert le bal des débats, accompagné de Laurent Noël.

 

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© : nouscitoyens.fr

 

#1 RÉGULER ET ÉQUILIBRER L’ÉCONOMIE INTERNATIONALE : UNE UTOPIE ?
Le constat et les enjeux de l’économie internationale sont un premier point chaud. Le néo-politique Jean-Marie Cavada ceinture la finance internationale, en appelant à une sérieuse régulation. Il n’hésite pas également à justifier le chômage de masse que nous connaissons, à la vieillerie de la situation économique.

En face de lui, Bernard Thibault est remonté face à cette situation mondiale du travail. L’ex-chef de file de la CGT appuie sa démonstration, chiffres à l’appui. Celui qui a su très rapidement être à l’aise avec son nouveau costume d’administrateur au Bureau Internationale du Travail, dénonce une situation critique : 40% des travailleurs dans le monde n’ont pas de contrat de travail et 170 millions d’enfants travaillent.

Les deux hommes s’accordent sur le fait que l’ONU a un rôle majeur, de même que l’OMC se doit d’être le gendarme et régulateur du droit international du travail.

 

#2 COMMENT RENOUER AVEC L’EMPLOI ET LA COMPÉTITIVITÉ EN FRANCE ?
Cette question, cette thématique, vous en avez entendu parler des dizaines, des centaines de fois sur vos écrans et radios n’est-ce pas ? La réponse des deux interlocuteurs n’a pas été redondante, et a écarté l’idée d’une résolution de cette problématique par l’offre. En effet, selon Jean-Marie Cavada, il existe des difficultés d’adéquation entre l’offre et la demande. De plus, le coût économique du chômage sur les ménages n’est pas le seul fléau. Il provoque également et plus gravement un coût social. Il divise, fait s’installer une morosité ambiante et pour laquelle les français sont réputés. De plus, la crise de confiance politique n’améliore pas cette situation.

 

#3 NOS DIRIGENTS POLITIQUES ET NOTRE ORGANISATION PUBLIQUE SONT-ILS OBSOLÈTES ?
Cavada ne mâche pas ses mots, et parle bien d’obsolescence institutionnelle, de bourgeoisie de fonction et de muselage du parlement lorsqu’on le questionne sur l’efficacité gouvernementale. Celui qui justifie son départ des médias en raison de son impuissance face à la simple narration des faits d’actualités, se veut désormais être le porte-parole des citoyens et acteur de la vie politique.

La Vème République ? « Nous pouvons bien parler d’obsolescence institutionnelle, de bourgeoisie de fonction et de muselage du parlement. »

Bernard Thibault parle lui d’une présidentialisation de la vie politique, en comparant cela à un exercice de com’. Cette idée de l’exercice du pouvoir peut légitimement être débattu, lorsque l’on voit aujourd’hui, à peine deux ans passé après l’élection du Président de la République, que les guerres des primaires de Gauche et de Droite sont hostilement lancées.

Également, il évoque les députés PS comme des députés « exécutants de la parole présidentielle ». En atteste la récente éviction de 10 députés « frondeurs » des dossiers de commission des affaires sociales (cf. ici).

 


Alors, quid de l’exercice démocratique ? Cette volonté d’inflexion de plusieurs personnalités de Gauche, ne sera-t-elle finalement pas regrettée au terme du mandat de François Hollande ? C’est ce sur quoi s’interroge Alchimy et souhaite vous voir réagir, à l’instar de Jean-Marie Cavada qui a soufflé un vent de volontarisme au sein du public. Deux personnages médiatiques qui auront donc échangé sans langue de bois, avec deux styles très propres.

source : Site web ISEGORIA

 

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Inspecteur d'actualités