Le rap, ça vient d’où ? Retour sur ses origines
ALCHIMY 10 avril 2018

Temps de lecture : 4 minutes

Le Rap présente de nombreux a priori, considéré par les médias comme une musique qui ne prône pas vraiment la paix, mais plutôt la violence, la drogue, … Mais connaissez-vous les origines du Rap ?


— LES DÉBUTS DU RAP
Pour cela, il faut remonter dans les années 70 dans le Bronx : un quartier de New York en proie à la pauvreté où sont réunies diverses communautés telles que la communauté afro-américaine ou la communauté portoricaine. C’est dans ce quartier très cosmopolite que le hip-hop va se développer permettant à la population d’oublier leurs problèmes et leur condition sociale. Kool Herc, père fondateur du hip-hop, va lui-même couper le cordon ombilical. C’est d’ailleurs lui-même qui inventa la technique du « merry-go-round », dont le but est de répéter le passage du break de batterie et ainsi, de le faire durer plus longtemps. Cette technique deviendra par la suite la base instrumentale du Rap. Viendra par la suite l’invention du « scrath », en parallèle du « sampling »  qui ont pour principe de prendre des échantillons de musique afin de les incorporer à de nouvelles compositions. Cela permet d’affirmer le Rap comme un vrai genre musical.

La technique du « merry-go-round » sera inventée lors de ces soirées qu’il nomme « Block Party ». Le but de ces fêtes, qui n’avaient pas d’endroit prédéfini, est de réunir toutes les ethnies du Bronx autour de la musique. Cela pouvait se faire absolument n’importe où dans des bâtiments abandonnés, dans la rue, … L’important était de se réunir. Ces soirées connaissent un certain succès et les « Block Party » deviendront d’ailleurs le rendez-vous de tous les jeunes du Bronx. Puis vient le moment où DJ Kool Herc décide de faire monter sur scène des « MC » : des personnes représentatives de chaque quartier qui se défient par le texte sur scène, bien évidemment, toujours dans un esprit festif car le but est de réunir. Le mouvement prend alors de l’ampleur, s’étend très rapidement à tout New-York jusqu’à atteindre la popularité que l’on connait du Rap aujourd’hui.

 

— ITINÉRAIRE D’UN MALENTENDU
Alors d’où vient cette violence si significative du Rap ? Le Rap n’est donc pas né dans la violence, mais autour de la fête et de l’unité. Cette violence peut être largement attribuée à la pauvreté qui épuise les populations du Bronx et les oblige à déborder vers l’illégalité pour sortir de leur misère. Ainsi, la violence des gangs va prospérer au même rythme que le Rap qui grandit dans cette violence. Les textes seront alors imprégnés inévitablement par la violence. Les personnes alors emprisonnées dans ces quartiers ont développé une certaine haine envers les sociétés qui méprisent les populations vivant dans l’insalubrité la plus totale. Et par ce mépris, il faut prendre en compte l’éducation qui manque cruellement.

Ce manque d’éducation va creuser un peu plus le fossé, car les rappeurs ont du mal à exprimer toute la douleur qu’ils ont. La seule possibilité pour ces rappeurs est d’exprimer toute cette violence par le Rap. C’est une dure réalité qui est encore d’actualité et qu’il ne faut pas nier, bien que certains rappeurs ne devraient diffuser de propos violents dans leur musique. Dire leur haine est le seul moyen d’exprimer le ressenti sur l’injustice sociale dont ils sont victimes.

 

— QUELQUES PRÉCURSEURS.
Malgré cela, le Rap est loin d’être seulement violent : le meilleur moyen de s’en rendre compte est de prendre la musique de Grand Master Flash « The message » en 1985. Elle va être considérée comme le premier Rap conscient, un Rap qui prône la paix dans le hip-hop, un Rap philosophique, qui laisse à réfléchir. Révolutionnaire pour l’époque, comme un renouveau pour ce genre musical, il y avait aussi la Zulu Nation : un collectif initié par Afrika Bambataa, un pilier de la culture hip-hop qui va prôner la paix dans ce mouvement et essayer de tirer du positif, « Peace, Unity, Love and Having Fun ». A partir de 1985, on entre dans ce que l’on peut appeler l’âge d’or du Rap, les violences ne sont alors globalement plus visibles au sein du Rap et seul le respect règne. Cet âge d’or ne durera pas, mais offrira une nouvelle dimension au Rap.

Au fil du temps ce genre musical évolue, prend beaucoup d’ampleur et devient très populaire. De nouveaux styles de Rap prendront forme en raison de son côté anticonformiste qui ne lui confère pas d’axes d’idées prédéfinies. Par exemple, un nouveau style de Rap est né ces dernières années et a été initié notamment par Post Malone ou encore Lil Peep : le rap punk.

 

— LE RAP AUJOURD’HUI.
Mais arrêtons-nous là et posons-nous les questions suivantes : est-ce que le Rap doit être méprisé ? Doit-il être mis à l’écart par rapport aux autres styles musicaux ? De nos jours, le Rap est assez diversifié mais globalement, et malheureusement, abaissé à un niveau de créativité très bas pour le grand public. C’est le cas par exemple de Black M, en France, mais aussi de Drake pour l’international. J’exprime cela car ce genre de musique est souvent considéré comme la façade du Rap en raison de leur popularité. Mais nous l’avons vu : le Rap est aussi symbole de philosophie. Et bien que cela n’ait pas disparu, il faut bien souvent creuser dans cette façade pour découvrir des perles qui font réfléchir sur notre monde actuel. Il y a par exemple Akhenaton avec son titre « Souris, encore… » ou Keny Arkana avec « La vérité fait mal ».


Nous pouvons dire que le Rap est un style de musique qui se cherche encore. Un style musical anticonformiste qui exprime parfois l’injustice subi. Il faut donc être curieux pour découvrir toute la dimension engagée du Rap.

Rédigé par Aaron MATHIEU

 

Article réalisé grâce à la plateforme LE CLUB d’ALCHIMY.

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