#7 – L’interview du vendredi : dans l’objectif de Pauline Charpentier
fanny 27 mars 2015

Temps de lecture : 4 minutes

Rencontre avec Pauline, jeune femme de 21 ans passionnée de photographie. Après un bac pro assistant architecte, elle est aujourd’hui  en première année à l’école des Beaux-Arts. Pour inverser les rôles, cette fois c’est elle qui se découvre à nous.


 

ALCHIMY : Comment es-tu arrivée à la photographie ? Tu as eu une formation en la matière ?
Pauline Charpentier : Non je n’ai pas eu de formation, l’envie de faire la photo est venue en vacances en regardant mon père prendre des photos. Et puis j’ai commencé à en faire. J’en ai parlé avec des amis hier et je me suis rendue compte qu’aujourd’hui je n’imagine pas ma vie sans faire de photographie.

 

A : Quel matériel utilises-tu ? Tu développes toi-même les photos ?
P : J’utilise un boitier argentique Canon. Je peux développer les pellicules au labo de l’école. En ça, l’école nous offre un privilège.

 

A : Pourquoi utilises-tu la photographie analogique ? Qu’est-ce que cela t’apporte de plus que la photographie numérique ?
P : Cette pratique me vient de mon père. Et puis c’est le charme de tout faire développer par soi-même. Chaque photo est prise soigneusement, il faut prendre le temps de cadrer, de tout développer. Je pense que l’argentique a un rapport à la photo plus intéressant. J’ai directement commencé par l’argentique en autodidacte. On apprend de ses erreurs.

 

A : Tu captures l’architecture, des personnages, quelles sont tes préférences ?
P : Je préfère prendre un modèle vivant dans les photos. C’est une attirance inexplicable, une certaine évidence.

 

A : Dans tes photos on retrouve une ambiance très intime, voire un peu « dark ». Comment qualifierais-tu ton style ? Quelle ambiance, quel message veux-tu faire passer ?
P : Il y a une ambiance très intime dans les dernières séries. J’adore être dans l’intimité et rester fidèle aux personnes photographiées, toutes avec des identités fortes. Je veux les représenter comme dans la vie de tous les jours. Dans l’intimité il n’y a pas de masque, tu ne peux pas mentir. Ce n’est pas comme à l’école, où, quand tu t’habilles, il est facile de décider ce que tu veux montrer de toi. J’essaye de capter ce que les modèles font au naturel.

 

A : Comment mets-tu en scène tes shootings ? Tu les prépares d’avance ? Tes sujets ont-ils déjà été prédéfinis ?
P : Ça peut être différent selon les personnes. J’ai parfois des idées d’avances. Parfois le shooting se déroule après quelques discussions, le temps de comprendre le fonctionnement d’une personne pour lui rester au plus fidèle.
Il n’y a que Tanguy qui ait déjà été pris en photo auparavant. Pour les autres, il me semble que c’est nouveau. Alors quand je commence je pars sur un « faites comme si vous étiez chez vous » pour les mettre à l’aise. Souvent cela part en blague, c’est une confiance qui se construit au fur et à mesure de la séance. En général les gens sont d’accord pour en refaire une autre fois.

 

A : Les photographies, tu les imagines à l’avance ? Est-ce que tu laisses ton modèle agir spontanément ?
P : Les modèles s’approprient les lieux, ils font ce qu’ils veulent et je les suis. Parfois il arrive un « ne bougez plus » pour capturer la pause parfaite. Les modèles font 50% du travail que je fais. Eux aussi sont importants et racontent une histoire.

 

A : Comment est-ce-que tu sélectionnes les photos par la suite ?
P : Je fais des photographies en noir et blanc parce qu’il y a un côté intemporel qui me plait. À chaque séance j’utilise une à deux pellicules. Quand je les développe je les scanne et le choix se fait tout de suite. Je sais lesquelles me parlent. Il n’y a pas de code, c’est souvent une qui me plait plus parmi les autres. C’est surement beaucoup dû au jeu du regard, quand les modèles sur les photos dégagent une sensibilité particulière.

 

A : Quelle est ta série ou ta photographie préférée – pour l’instant ? Et pourquoi ?
P:  La dernière série sur l’intimité. C’était enrichissant d’être en intimité avec les gens pour au final mieux connaitre les personnes.

 

A : De quoi ou de qui t’inspires-tu ?
P : Des personnes que je prends en photo. Je m’inspire beaucoup du rapport avec le modèle. C‘est aussi dans la vie de tout les jours, ça peut être une petite chose que je vois, un événement, une discussion, ça vient généralement quand on s’y attend pas. Les idées arrivent aussi en travaillant et en essayant différentes choses. Sinon en tant qu’artiste j’aime beaucoup Nan Goldin et son journal intime.

 

A : Quels sont tes futurs projets ? Tes prochaines expérimentations ?
P : Pour l’instant je continue aux Beaux-arts. Après, pourquoi ne pas aller à Arles en école de photo. Dans l’idéal cela me plairait de devenir photoreporter. Mais on ne sait pas, je ferai peut-être quelque chose de complètement différent.

 

 

fanny

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