Lost in the Swell : un périple surf, écolo et fou
John Goodman 26 février 2015

Temps de lecture : 5 minutes

Après Barravel et des îles Usions, les trois Bretons de Lost in the Swell se sont lancé un nouveau défi : partir découvrir les îles Salomon, mais avec leurs propres moyens avec l’aide d’un catamaran bioconçu qu’ils ont nommé Gwalaz.


 

Les Îles Salomon ? Un trip pour tester le prototype, mais aussi pour surfer les meilleurs vagues au monde, celles qui ne connaissent pas l’Homme. Autour d’îles Vierges, de requins et de crocodiles, cap sur les îles Salomon.

 

— L’ÉQUIPAGE ET LE MATOS
Lost in the Swell c’est une aventure maritime. Une équipe de 3 gars, le photographe Ronan Gladu et les 2 surfeurs Aurélien Jacob et Ewen Le Goff. La même fine équipe que les fois précédentes. L’expérience est différente, il s’agit ici de partir 3 mois pour tester une seconde fois Gwalaz qui se montrait déjà fiable lors de leur tour de Bretagne.

Qu’est ce qu’un catamaran Bioconçu ? Le catamaran reste un catamaran, mais le bioconçu signifie que la matière composite issue du pétrole nécessaire à la fabrication des coques a été remplacée par des composites végétaux. Du lin, du liège, du balsa et de la résine à composantes végétales (et ça, c’est plutôt cool).

Pour ce qui est du matériel à bord ? Un ou deux tee-shirts chacun, quelques kilos de riz, les planches de surf indispensables, un paddle, le matériel numérique qui se rechargera avec un panneau solaire à l’arrière du bateau. Et bien sûr de la bonne humeur  pour être sûr de ne pas sombrer suite aux attaques musclées des moustiques, aux grosses dalles certaines par manque de haute gastronomie et pour ne pas se décourager par la saison des pluies. Eh oui, c’est la saison des meilleurs vagues.

 

 

 

— LE PÉRIPLE ÉCOLO
Les îles Salomon sont un archipel d’Océanie. Ce n’est pas la porte à côté, peu de personnes s’aventurent là-bas. A tel point que la carte des voyageurs n’est plus à jour puisque le changement climatique a déjà commencé à réduire le nombre d’île.

Outre la magnifique faune et flore, l’accent est mit sur l’écologie. Dixon, le directeur de la réserve d’une des îles, leur explique que la montée de l’eau est visible et nuisible autour des habitations. La côte a perdu 10 mètres en un an et depuis, 4 mètres en quelques mois. Tout s’accélère très vite et les tribus inquiètes ne peuvent rien faire pour protéger leur existence.

Parfois les îles sont vierges, paradisiaques. D’autres fois elles sont sales et remplies de déchets plastiques. Alors nos 3 Bretons se renomment pour l’occasion néo-hippies et font leur part de bonnes actions en nettoyant une plage, en ramassant les déchets, en les regroupant pour les donner à un village qui s’en occuperont…

L’objectif n’est pas de mettre l’accent sur l’écologie. Ils ne se montrent pas du tout moralisateur. C’est juste moi qui reprend leur travail humble et salue leur dévouement.

 

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— DES SESSIONS SURF INCROYABLES
Loin de moi l’idée de dénigrer la Bretagne et ses vagues. Mais découvrir une plage déserte, avec une houle et des vagues déferlantes non stop, avec un vent offshore et se dire que tu seras le premier gars à surfer une belle droite loin de la civilisation sans interruption, juste profiter des longues, très longues vagues… C’est une chose à faire dans sa vie.

Après tu redescends sur terre et tu te dis que t’as rien mangé depuis plusieurs jours, que tu as des piqures de moustiques et des boutons gros comme des balles de golf, qu’il y a des requins qui sautent entre deux séries et que pour finir tu te découpes proprement le talon en abiment ta planche…

Je me dis que c’est pas plus mal de surfer dans un froid glacial, avec une combinaison de 5mm, dans une série plutôt brouillon qui te donne le nez qui coule et t’offre des reniflements à longueur de journée… La galette et le chouchen sont peut être une meilleure récompense face au riz parfois moisi. À voir.

 

 

 

— UNE EXPÉRIENCE UNIQUE
Je ne voulais pas donner ce nom à ce titre. « Une expérience unique », bateau. Mais quand vous allez-vous coucher dans un abri de pêcheur, à l’abri des pluies d’un ouragan et la seule chose que vous apercevez dans la seule lumière apparente sont des yeux luisants dans le noir qui ne peut pas être autre chose que ceux d’un crocodile et que lorsque que vous vous approchez et que ces yeux disparaissent après les avoir vu avancer… Mon titre tombe sous le sens.

Les personnes rencontrées sont toutes accueillantes. Tout au long de leur aventure, les Bretons apprennent les langages de ces îles et retiennent certains termes, comme « haricows » signifiant « les blancs ».

Arrivés sur une île, les surfeurs vont se rendre dans la plus haute maison du village où vit le chef. Ils s’adressent à lui pour demander l’autorisation de voguer autour de son île. Le chef accepte sans soucis, mais leur raconte une histoire vieille d’environ 245 ans. Le gouvernement français de l’époque aurait cautionné la mort pour des raisons plutôt floues de 30 personnes de la tribu et l’enlèvement d’une personne de la famille du chef. Les recherches sont encore en cours afin de savoir si le chef a de la famille sur notre continent. L’histoire raconte que le bateau français qui aurait atterri sur cette île serait parti de Port Saint-Louis en Bretagne à quelques kilomètres de l’endroit où s’est construit le Gwalaz. Coïncidence, mais par précaution le chef vérifie qu’ils ne sont pas les coupables.

Ils ont aussi passé Noël avec d’autres coutumes, joué de la musique avec un groupe atypique, augmenté les statistiques de survie de bébés tortues, goûté une recette locale qui donne les dents rouges (et les mêmes sensations qu’une cuite), des noix de Betel mélangées avec de la poudre de corail pilée… Ils ont parcouru environ 1600 km dans les îles Salomon et ça, ce n’est pas banal.

 

 


Retrouvez tous les épisodes de la saison. LOST IN THE SWELL.  Cet article a été pensé par ma jolie collaboratrice Elsa, sans qui rien n’aurait été possible.

 

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John Goodman

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