Quels films faut-il voir pour avoir l’air d’un putain de cinéphile ? #1
Line 9 septembre 2015

Temps de lecture : 6 minutes

Vous voilà arrivés dans une soirée où vous ne connaissez pas grand monde. Soudain, vous arrivez à rentrer dans une discussion, c’est votre chance ! Mais voilà qu’ils ne parlent que de cinéma de Truffaut à David Lynch en passant par Tarantino. Alors que vous pensiez raviver la discussion en parlant du dernier Mission Impossible que vous avez vu au cinéma, vous vous ramassez complètement.


 

Votre ego boude et vous vous promettez que cela n’arrivera plus jamais ! Mieux, vous décidez de vous cultiver et d’apporter de nouvelles connaissances à ces jeunes bobos ! Le noir et blanc et la mauvaise qualité sonore ne vous fera plus peur désormais. Mais par où commencer ?? Voici une petite liste qui vous aidera à faire vos choix.

 

 — LES PREMIERS INSTANTS DU CINÉMA :
Et la France est number one avec les frères Lumière (ou Edison si vous êtes pro-américain) ! Vous pourrez regarder les films pionniers du cinéma qui n’ont pas une très bonne qualité mais qui ont l’avantage d’être très courts puisqu’ils ne durent en général pas plus de 15 minutes. Alors autant commencer par le début avec La sortie des usines Lumière, le premier film de l’histoire à avoir été projeté devant un public, au cinéma en quelque sorte. Vous trouverez ici Le Voyage dans la lune de George Méliès, précurseur des trucages au cinéma. L’image d’une grosse lune personnifiée par un visage se prenant une fusée dans l’oeil, ça vous dit quelque chose ? Pour un vrai film plus long, vous pouvez regarder Naissance d’une nation de Griffith, l’un des premiers films à utiliser intelligemment le montage en créant une belle fluidité dans l’histoire…. Histoire totalement raciste soit dit en passant !

 


L’anecdote qui va calmer les bobos
: les débuts du cinéma avaient de quoi étonner, excepté la qualité et la couleur, le passé est retranscrit tel quel. La réalité est telle que lors de la projection de L’arrivée du train en gare de Ciotat, certains spectateurs auraient eu peur du train ! Mais c’était surtout les détails qui fascinaient. Dans Repas de bébé, les journalistes auraient été particulièrement étonnés par les feuilles des arbres bougeant en arrière-plan…

 

— LE SLAPSTICK, LA COMÉDIE BURLESQUE :
Costume trop grand, démarche dansante, petite moustache, canne et chapeau melon, c’est ici que se trouve Charlot ! Si vous n’avez toujours pas vu de film de Charlie Chaplin, courrez vers La ruée vers l’or, vers le critique Les Temps Moderne ou l’osé Le Dictateur (et dépêchez vous petits malotrus ) ! Vous pourriez aussi apprécier celui que Chaplin admirait tant, le français Max Linder qui a fait de nombreux sketchs courts . Mais ne passez pas à côté de l’excellent Buster Keaton également appelé  » l’homme qui ne rit jamais ». Cascades et situations intrépides ne cessent de tourmenter son personnage maladroit dans Le Caméraman ou Le Mécano de la Générale  pour la plus grande joie des spectateurs et le tout sans aucun trucage ! On peut facilement le croire lorsque l’on connait son enfance particulière dans un music-hall où ses parents l’utilisaient pour maintes choses : comme balai, comme gag en le balançant dans les escaliers, en l’enfermant dans des tiroirs… Ils s’en servaient même comme caoutchouc ! Si vous ne voulez en voir qu’un extrait, je vous conseille de mettre votre curseur à partir de 14 minutes.

 

L’anecdote qui calmera les bobos : Il paraît que les grands comiques ne sont pas des personnes très drôles en dehors de leur personnage. On sait que Charlie Chaplin utilisait l’humour pour porter des messages forts, mais certains ignorent son fort perfectionnisme. La scène où Charlot doit manger une chaussure dans La ruée vers l’or par exemple, était faite en réglisse, mais le réalisateur insatisfait a refait la scène 63 fois sur trois jours ce qui conduit finalement Chaplin à l’hôpital pour un trop fort taux d’insuline. Son idole Max Linder aurait quant à lui eu une jalousie maladive pour son épouse qui le conduira à s’empoisonner. De justesse, on réussit à le sauver. Mais il mettra rapidement fin à tous ses projets toujours à cause de ses crises de jalousie de plus en plus contraignantes et finira par se suicider aux côtés de son épouse décédée également. Difficile de savoir encore aujourd’hui si c’était un meurtre ou un suicide commun.

 

— L’EXPRESSIONNISME ALLEMAND :
Un courant totalement unique avec son ambiance et son esthétisme propre. Basé sur le clair-obscur et les personnages étranges, ces films ont une atmosphère pesante et intrigante qui plairont particulièrement aux amateurs de fantastiques ou de drames psychologiques. Pour cela rien de mieux que les films de Fritz Lang avec l’histoire d’un pédophile poursuivit dans M le Maudit ou son film de science-fiction se déroulant en 2026 à Métropolis. Ne passez pas non plus à côté du majestueux Murnau et son beau et romantique L’aurore, l’histoire est simple et le film est très facile à regarder. Nosferatu est aussi un film à voir pour son esthétisme mais aussi car c’est l’un des premiers grands films à traiter des vampires. Mais le grand représentant de cette époque est un film à petit budget aux décors et aux personnages bluffants, Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene où Caligari contrôle le pauvre somnambule Cesare pour capturer et tuer ses victimes.

 


L’anecdote  qui calmera le
s bobos : Les films de l’expressionnisme allemand continue encore d’inspirer de nombreux cinéastes. L’Aurore est aujourd’hui toujours considéré comme l’un des meilleurs films de l’Histoire du cinéma, il aura d’ailleurs reçu de nombreux prix lors de la première cérémonie des Oscars en 1929 notamment pour sa qualité artistique. Les habitués de Tim Burton ne manqueront pas de remarquer les nombreuses similitudes entre l’atmosphère des ces films et ce courant cinématographique. Johnny Depp s’inspirera d’ailleurs du jeu du fameux Conrad Veidt dans son rôle de Cesare le somnambule pour interpréter Edward aux mains d’argent. 

 

— LE CLASSICISME HOLLYWOODIEN :
Pas de panique, voilà enfin des films parlant ! Il est difficile de choisir seulement quelques films pour représenter cette période tant elle est variée. Tout d’abord car c’est la naissance des genres et aussi du star-system, il va donc y avoir une augmentation de production de film très différents les uns des autres. Alors il vaudrait mieux parler des réalisateurs les plus importants. John Ford dans le western bien sûr, mais également Franck Capra et Ernst Lubitsch pour les comédies, Victor Fleming, King Vidor et Mankiewicks pour les drames et Howard Hawks pour… bah pour tout ça enfaîte. Mais on ne peut parler d’histoire du cinéma sans évoquer le film qui révolutionna la réalisation et la narration : Citizen Kane d’Orson Welles. L’un des hommes les plus riches et influent de la planète vient de mourir et ses derniers mots sont « rose bouton », qu’est-ce-que cela veut dire ? À vous de le découvrir en regardant ce film très moderne pour l’époque. Enfin, s’il y a un réalisateur dont il faut voir les films, c’est sûrement le plus connu, ce monsieur qui aime bien les blondes n’est-ce-pas ? Hitchock présente ! Que ce soit Psychose, Les Oiseaux, Fenêtre sur cours, Vertigo ou La Mort aux trousses, le maître du suspens ne cessera de vous étonner. Dépêchez-vous d’en voir un et que ça saute ! 

 

L’anecdote qui calmera les bobos : Psychose est le premier à montrer une femme avec seulement un soutien-gorge et une culotte. C’est aussi la première fois qu’on l’on filme une chasse d’eau tirée. Cela est d’autant plus impressionnant qu’à cette époque, les films américains étaient soumis à une dure censure basée sur le Code Hays. Hitchcock a donc dû être très ingénieux et a d’abord demandé une scène beaucoup plus osée de Janet Leigh sous la douche. Cela a bien évidemment été refusé et le reste a été accepté en contrepartie…

 


Vous voilà déjà bien paré culturellement pour vous défendre contre les bobos ! Mais il vous faut continuer la lutte culturelle en lisant le prochain épisode avec des courants cinématographiques plus récents, plus modernes, plus actuels, chouette ! À suivre…

PS : Ne vous inquiétez pas les bobos, on vous aime beaucoup en vrai !

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