Dron’, la ligne de fringue venue du Nord
Guillaume Le Coq 18 novembre 2014

Temps de lecture : 4 minutes

Nous sommes allés à la rencontre d’un jeune entrepreneur, Simon Puza. Il nous dévoile, sans langue de bois, sa ligne de fringues tout droit venue du Dron’, euh du Nord !


 

ALCHIMY : Avant de parler de Dron’ (Nord en verlan si vous n’aviez pas compris), peux-tu d’abord te présenter ?
Simon Puza : Bien entendu. Je m’appelle Simon Puza, j’ai 29 ans, je suis originaire de Lens. Aujourd’hui, je vis à Roubaix. Après une école de commerce, j’ai atterri comme chef de projet pour le groupe Orange. Fier de ma région, je souhaite aujourd’hui la mettre en valeur, que ce soit en France ou à l’étranger.

 

A : Tu es typiquement Ch’ti comme Norman fait des vidéos. Sauf que toi, au lieu de te réfugier sur Youtube, tu as préféré développer ta propre marque de vêtements !
S : En effet, Dron’ est né en août 2014. L’idée est de mettre en avant les personnages cultes de ma région d’hier (De Gaulle, Robespierre, Matisse, Kopa…) ou d’aujourd’hui (Arthur Masuaku, Ribéry…). D’autre part, je veux diffuser les emblèmes et le patrimoine de la région : l’industrie pour le Nord, la mine pour le Pas-de-Calais, le lion des Flandres… Pour terminer, j’ai l’intention de faire connaître les artistes du Nord-Pas-de-Calais (peintres, street-artistes, dessinateurs…) et diffuser leurs œuvres.

 

A : Je vois que tu collabores avec beaucoup d’artistes comme Awa, Mikko Umi, Thadé… Tous ces noms que je viens de citer sont aussi originaires du Nord de la France ?
S: Tout à fait, c’est une vraie fierté de travailler avec eux. Il est néanmoins difficile de reproduire leurs créations sur t-shirt depuis leurs supports initiaux (toile, mur…). Du coup, il y a un réel travail en amont pour réadapter leurs œuvres sur t-shirt.

 

A : Qu’est-ce qui marche le plus ?
S : Le personnage De Gaulle fonctionne bien. Même si je promeus uniquement le Nord-Pas-de-Calais, les ventes s’étendent partout en France. Avec Arthur Masuako, j’ai ouvert les commandes à l’international. Afin de promouvoir la marque, j’essaye de me faire aider par les personnalités de ma région. Ainsi, à ce jour, certains m’ont fait un petit clin d’œil en portant un de mes t-shirts, à savoir : Romain Barras (champion d’Europe de Décathlon en 2010), l’animatrice et journaliste Sandra Lou, le chanteur Bénabar et bien d’autres.

 

DEBARDEUR DRON' HOMME FERME TA GAULLE

 

A : Tu confectionnes deux modèles de vêtements : t-shirt et débardeur, ainsi que du Tote Bag.  Veux tu continuer à te spécialiser sur cette niche, ou bien développer ton marché en touchant d’autres modèles comme le sweat-shirt, le pantalon, la veste ?
S : Avant de m’ouvrir sur d’autres modèles, je voulais des vêtements de qualité. Les modèles que je propose pour hommes et femmes sont 100% organiques, bios, présentés sous différentes coupes : t-shirt sur piqué retroussé, moucheté et croque-top pour les femmes.

Bientôt, je vais lancer le modèle de sweat-shirt en série limitée. Par ailleurs, je reçois de nombreuses demandes pour confectionner des t-shirts pour modèle enfant. Je vais y travailler et lancer en début d’année cette nouvelle gamme.

 

A : Ce que nous aimons chez Alchimy, c’est le respect de l’environnement. J’ai remarqué que tes produits sont certifiés 100 % biologiques selon les normes du GOTS (Global Organic Textile Standard). En regardant le prix de tes t-shirts, 20€, je me suis demandé comment tu arrivais à faire des bénéfices. Quel est ton secret ? Comment arrives-tu à produire un bien de qualité tout en gardant un prix attractif ?
S : Je souhaite bien préciser que pour le moment mon objectif premier est avant tout de promouvoir ma région et ses talents. Par conséquent il est évident qu’avec un prix à 20 euros, je ne fais quasiment pas de marge. Cette activité ne constitue pas pour l’instant un business mais reste avant tout une passion. Je verrais par la suite pour rehausser les prix si la marque se fait davantage connaître afin de commencer à rembourser les frais de départ que j’ai eu pour monter tout ça.

 

dron-couverture

 

A : L’impression des images numériques est réalisée à Lille, encore dans le Nord. Vraiment, Dron’ se revendique une marque 100 % nordiste ! La prochaine étape, ce sera la confection de tes t-shirts ?
S : L’impression des images est réalisée par l’Atelier Amelot qui imprime par la même occasion des vêtements pour d’autres marques célèbres. Le must des impressions Amelot, c’est sa spécialité, l’impression numérique. À l’instar d’une impression en sérigraphie sur vêtement, l’image numérique est ancrée dans le textile. On ne la sent pas au touché et sa durée de vie est donc beaucoup plus longue après lavage. En ce qui concerne la création du t-shirt, on travaille avec Continental et Stanley Stella, deux usines qui font des produits de qualité et Bio. Mais tu as raison, ce serait intéressant et une fierté de faire un t-shirt 100% nordiste. 

 

A : Pour terminer cet entretien, quelles sont tes perspectives d’avenir ?
S : L’objectif numéro 1, c’est de multiplier les collaborations d’artistes de ma région. Je prévois en 2015 la création d’event Dron’ une fois par mois pour réunir tous les collaborateurs, artistes afin qu’ils présentent leurs œuvres au grand public. Développer les artistes, c’est vraiment important pour moi à ce niveau-là, car ils appartiennent à l’image Dron’.

 

Article réalisé grâce à la plateforme LE CLUB d’ALCHIMY

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Guillaume Le Coq

Agriculteur exploitant et éleveur de poulet à la SCEP depuis 1964.

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