in

Cours de langue – critique de film [American Film Festival 2021]

Cours de langues est l’œuvre de l’auteur Natalie Morales i Marque Duplassa. Les deux artistes ont écrit le scénario, réalisé le film et joué les rôles principaux. Jusqu’alors, la carrière de Morales était restée principalement en retrait. Duplass s’était déjà fait un nom en tant qu’artiste indiscipliné, bien qu’il se soit surtout fait connaître pour ses créations bizarres dans le style de celle de Freak. Aujourd’hui, les acteurs unissent leurs forces pour un film intime et indépendant sur la relation inhabituelle entre un riche Américain et une pauvre Cubaine vivant au Costa Rica. Morales et Duplass sont les seuls acteurs du film. Les personnages qu’ils incarnent communiquent entre eux via Internet et dialoguent pratiquement tout au long du film.

De quoi s’agit-il ? Will, comme cadeau d’anniversaire, achète à son mari, Adam, un paquet de leçons d’espagnol. Les cours sont dispensés par M. Cariño, qui vit au Costa Rica. Les leçons à distance se transforment rapidement en conversations intimes et franches sur tout. Un lien fort se développe entre l’étudiant et le professeur, approfondi par les événements dramatiques qui leur arrivent à tous les deux. Bientôt, Cariño et Adam deviennent des amis proches qui s’entraident dans les moments difficiles.

Pendant toute la durée du film, les personnages se parlent via une messagerie instantanée sur Internet. Parfois nous avons des dialogues intenses, d’autres fois nous jouons des monologues. L’ensemble peut sembler un peu statique, mais ce n’est qu’une illusion. Le film atteint rapidement un niveau émotionnel, et après quelques minutes seulement, nous sommes impliqués dans les destins d’Adam et de Cariño. Il est difficile de ne pas aimer les personnages sympathiques, bien que, comme c’est généralement le cas avec les longues conversations, chaque segment de dialogue ne fasse pas mouche. De temps à autre, un sujet est abordé pendant trop longtemps, mais heureusement, le scénario est exempt de digressions inutiles. Les auteurs ont fait leurs devoirs de scénariste, de sorte que l’histoire contient à la fois des mystères expliqués progressivement et de l’humour pour alléger les moments plus difficiles. Il y a aussi quelques injections bizarres (pas toujours drôles) de temps en temps, typiques des frères Duplass, mais il y en a si peu que seuls ceux qui sont familiers avec le travail de Mark et Jay les relèveront.

La clé pour Cours de langues Au contraire, il y a une merveilleuse alchimie entre Adam et Cariño. Le lien est évident tant au niveau de l’histoire que du jeu. Morales et Duplass doivent bien se comprendre au quotidien, sinon ils n’auraient pas été capables d’écrire une histoire avec autant de sensibilité et de tendresse pour leurs personnages. À l’écran, nous voyons une amitié germer, s’épanouir et porter ses fruits. Nous la suivons lorsqu’elle est mise à rude épreuve et lorsqu’elle aide les parties à se remettre sur pied. Nous nous impliquons dans le destin des amis et les encourageons jusqu’à la fin. Cela rend la fin de l’histoire à la fois satisfaisante et complète.

Le film ne serait pas aussi fascinant sans le charisme des deux interprètes. Chacun d’entre eux mérite une reconnaissance, mais les plus grands applaudissements vont à Natalie Morales, qui crée une performance de premier ordre. L’interprète gère superbement toutes les émotions qui traversent son personnage. De la tristesse, de l’insécurité et de la prudence, à la joie authentique et aux humeurs lourdes. Un film basé sur des entretiens avec des zooms est d’une part une forme unique pour le cinéma hollywoodien grand public, d’autre part une chance pour des interprétations d’acteurs légèrement différentes. Duplass et Morales en sortent vainqueurs, et leur naturel devrait servir d’exemple sur la façon de représenter l’émotion sans tomber dans la théâtralité. Cours de languesEn raison de sa nature à petit budget, il a peu de chances d’obtenir des lauriers aux Oscars, mais la performance de Natalie Morales mérite vraiment d’être appréciée.

Cours de langues ne vous enfoncera pas dans le sol, ne soulèvera pas un océan d’émotions et ne fera pas vibrer des cordes intérieures qui vous empêcheront de dormir la nuit. La force du film réside dans l’art de la conversation, qui est si bien écrite et jouée naturellement. La tristesse, la joie, l’espoir et l’amitié résonnent ici assez fort. Le flot de dialogues, qui coule pendant une heure et demie, n’est pas une forme qui plaira à tout le monde. Heureusement, les réalisateurs ne cachent pas l’essentiel sous des phrases du grand monde qui n’ont pas grand-chose à voir avec la vie réelle. Duplass et Morales parlent en termes simples du besoin de proximité, de la douleur et de la recherche d’un lendemain meilleur. Ce sont des tendances notables pour le cinéma indépendant américain, une Cours de langues s’inscrivent parfaitement dans cette tendance.

Cours de langues

Georges

Written by Georges

Rédacteur en Chef sur Alchimy, j'encadre une équipe de 3 rédacteurs et rédactrice. Je publie également sur les mangas, les dessins animés, les séries TV et le lifestyle. Nous souhaitons, au travers de ce media d'actualité, vous partager de nombreuses information et vous tenir informé des dernières actualités, au quotidien. pensez à vous aboner à notre newsletter pour recevoir en avant première ces actualités.

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Dr. Brain : Into the Abyss of Consciousness : saison 1, épisode 1-2 - critique

Dr. Brain : Into the Abyss of Consciousness : saison 1, épisode 1-2 – critique

Stillwater - critique du film [American Film Festival 2021]

Stillwater – critique du film [American Film Festival 2021]