Chronique d’une stressée contagieuse
Ambre 19 juin 2018

Temps de lecture : 5 minutes

Jeudi après-midi, 17h18. Je m’apprête à passer un oral, je ne suis pas du tout sereine, mes mains sont moites, j’ai la boule au ventre de ne pas réussir à présenter quelque chose de correct. Je partage mon état d’esprit avec mes camarades de classe, quand soudain l’un d’eux me dit « Oh ! T’arrêtes là, Ambre ? T’es lourde à être stressée comme ça », vite accompagné d’un « elle a raison, tu nous communiques à chaque fois ton stress, c’est pas cool ». Boum. Silence. Remise en question activée : suis-je vraiment une stressée contagieuse ?


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Je passe donc en revu les moments où j’ai pu être qualifiée de « relou » en société. Je suis de nature assez prévoyante : je n’apprécie pas d’être en retard, j’aime regarder un trajet en avance pour savoir exactement où je dois aller. Pour aller dans le vif du sujet, j’appréhende toujours de ne pas avoir assez bien fait un devoir : je pense que je vais me planter, que je vais rater, donc j’en parle atour de moi. Et au final, ça se passe presque toujours bien ! Sauf que le mal est fait, le syndrome de l’imposteur est passé par là. Mais si, vous savez, ce camarade qui dit qu’il va avoir un sale note alors qu’il a minimum 15/20 à chaque fois, celui à qui on foutrait bien des gaffes parfois. Et bien j’étais devenue cette personne que je détestais au lycée, et croyez-moi c’est moyen sympa quand les autres te le font remarquer.

@Giphy – Une patate dans la gueule et on en parle plus

 

Depuis cette mini claque dans la face, j’ai remis pas mal de chose en question sur ma façon de réagir au stress, autant quand je suis seule que quand je suis entourée. En effet, je conçois il n’y a rien de plus agaçant que de voir quelqu’un se faire un sang d’encre dans une situation inutile, surtout que le stress est vraiment contagieux. On peut se laisser bouffer, ou faire front et surmonter cet état. Voici donc quelques conseils pratiques pour surmonter son stress afin d’être mieux dans sa tête, pour ne plus saouler ses proches, et pour ne plus jamais faire cuire des pâtes pour 4 quand on est seul (non ça s’est vraiment pas possible déso).

— RESPIRE
Lorsque je sens qu’une boule commence à se former dans ma gorge et que j’ai le ventre noué, c’est rarement bon signe. Si elle n’est pas encore trop présente, j’essaye de me mettre dans un endroit calme, de préférence devant un miroir. Je me concentre sur mon reflet, je prends de grandes inspirations et je prends le temps d’expirer doucement, en comptant jusqu’à 10. Je répète le même procédé avec les yeux fermés, jusqu’à ce que je sente mon cœur battre moins rapidement qu’au commencement. J’essaie d’avoir des pensées positives et de sourire pour me mettre de meilleure humeur.

@Giphy – L’usage du miroir rétroviseur n’est pas une très bonne idée en pleine conduite, qu’on se le dise.

 

— RÉFLÉCHIS
Si la première étape n’a pas suffi à me calmer, je me repasse la situation en tête: quel est le vrai problème ? Est-ce un souci de manque de temps, de connaissance, quelque chose sur lequel j’ai une emprise ou non ? Tout poser à plat permet de voir plus précisément ce qui ne va pas, considérer ses options et peut-être résoudre le problème rapidement. Cela permet aussi de prendre le dessus sur la situation, de façon posée et rationnelle, ce qui peut s’avérer rassurant pour soi-même.

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— COMMUNIQUE
Dans le cas où l’étape précédente a été infructueuse, je me tourne alors vers mes proches pour leur parler de ce qu’il ne va pas. C’est là tout l’art de la communication : il y a une nette différence entre partager son mal-être pour ensuite se sentir mieux car quelqu’un nous a écouté et voir rassuré, et rabâcher la même chose pendant des heures sans prendre en compte les remarques des autres. L’important est de se demander quel va être le bénéfice de partager ça, et dans quel mesure cela me sera utile pour que je me sente mieux. Parfois, c’est juste que je suis obnubilée par le sujet, et que mon cerveau ne pense qu’à ça. Quand cela arrive, j’essaie d’écrire le plus possible dans un carnet mes pensées : coucher la chose sur papier m’aide à tromper le besoin de devoir en parler à voix haute ! Dans d’autres cas, je ne m’autorise à ne parle de ça que lorsque quelqu’un d’autre enclenche ce sujet, et je fais en sorte de ne pas répéter plusieurs fois la même chose. Sinon, invite tes amis à délicatement te faire remarquer que, là, maintenant, tu les emmerdes.

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— RELATIVISE
Il est très important de tout remettre dans son contexte: est-ce que l’on travaille sur quelque chose de noté, d’obligatoire, est-ce que l’on présente devant beaucoup de gens, est-ce que l’on maîtrise le sujet, est-ce que l’on peut encore faire quelque chose pour que cela se fasse dans de meilleures conditions ? La notion du « au pire » prend toute son importance : on se fait finalement peut-être une montagne pour pas grand chose. Généralement cette étape arrive lorsque l’action va se produire incessamment sous peu, mais si l’on peut la développer avant c’est tout bénéfique !

@Giphy – « Au pire, j’y vais au talent. »

 

— FAIS-TOI CONFIANCE
Un dernier aspect à développer est qu’il est important de croire en soi. Par exemple, je stresse souvent sur un sujet que je ne maîtrise pas complètement, mais je sais aussi que je suis plutôt quelqu’un d’à l’aise à l’oral. En théorie je suis donc capable de m’exprimer clairement et transmettre une bonne impression. Il faut savoir parfois se reposer sur ce que l’on sait bien faire, et savoir se laisser une chance: non nous ne sommes pas nuls ! Au contraire, chaque expérience nous nourrit un peu plus pour savoir encore mieux comment réagir à la prochaine situation stressante.

@Giphy – Faire un devoir sur l’économie de la Tanzanie alors que je suis en biologie ? Easy.

 


Il existe bien d’autres manières de se détresser, celles-ci ne sont bien sûr que les miennes ! Si vous en avez quelques-unes sous le coup qui fonctionnent bien, partagez-les en commentaire :).

Ambre

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