Entretien avec Céline Devaux, réalisatrice sélectionnée à Cannes

Temps de lecture : 3 minutes

Céline Devaux est réalisatrice, fraichement diplômée de l’école national supérieure des arts créatifs. Elle est la seule Française en lice à Cannes dans la catégorie des courts métrages, avec un film d’animation qui plus est ! Avant de partir sur la croisette elle nous parle du Repas Dominical.


ALCHIMY : Quelle a été ta réaction quand tu as su que tu étais sélectionnée à Cannes ?
Céline Devaux
: J’étais très heureuse, mais j’ai eu du mal à y croire alors j’ai fait répéter la personne plusieurs fois, et puis après j’ai juré, ce n’était pas très chic.

A : Pourquoi le Repas Dominical ? Qu’est ce qui t’a inspiré pour cette histoire ?
C : J’ai pris conscience récemment de certains changements qui s’opèrent dans les mécaniques familiales lorsque l’enfant devient un adulte parmi les adultes. Le temps dont on dispose pour voir sa famille, cette donnée si élastique et apparemment inépuisable, est soudainement réduite à des capsules socialement définies, comme le repas du dimanche. Comment alors éviter la tentation de se définir un peu plus vite, de prendre des raccourcis, de distribuer des rôles, même dans les familles les plus généreuses et intelligentes. On n’a tout simplement plus le temps.

 

 

A : Quel est le message derrière ton court métrage ? Il y a un regard sur la société qui évolue ?
C : Le message est dans l’histoire, il n’y a pas de sous-texte.

A : Je me trompe complètement ou il y a des personnages type Monty Python dans le repas dominical ? C’est une source d’inspiration ?
C : J’adore les Monty Python, je ne sais même pas si j’oserai les citer comme source d’inspiration parce qu’ils sont franchement indépassables dans leur domaine.

A : Avec ton travail, tu peux voyager à l’international, quel est ton rêve ? même si le festival de Cannes est déjà une consécration.
C : J’espère que le film va voyager, il existe aussi une version pour l’international. Je n’ai pas de rêve particulier, j’ai très envie de continuer à écrire et faire des films !

A : Travailles-tu déjà sur d’autres créations ?
C : J’écris un peu tout le temps mais bon, créations c’est peut-être un grand mot pour le moment. Un mélange de dessins et de notes, un super bordel qui finit par s’organiser à un moment. Bientôt j’espère !

A : Tu as vu, le jury à Cannes, c’est du lourd ! Qu’attends-tu de cette 68e édition ?
C : Oui c’est du lourd comme tu dis ! Je ne sais pas quoi attendre de Cannes, je crois que le fait d’être sélectionnée est une fin en soi, et que c’est une incroyable porte d’entrée pour de futurs projets. Après sur place, j’espère rencontrer des gens formidables et boire des cocktails multicolores avec eux.

A : Qu’est-ce qui t’as marqué cette année au cinéma ?
C : J’ai beaucoup travaillé, du coup j’ai raté plein de films. C’est la honte. J’ai aimé Boyhood de Linklater. J’ai vu, très en retard, le film de Miguel Gomes, Tabu. J’ai été complètement terrassée par l’élégance, l’intelligence, la justesse de ce film.

 

TABU_Miguel_Gomes_Alchimy

 

A : Tu n’as que 28 ans. Tu es un exemple pour les jeunes créateurs. Quels conseils donnerai-tu pour réussir dans les domaines de la création, de l’art et/ou du cinéma ?
C : Je ne sais pas trop, c’est bizarre comme question. Je fais des court-métrages pour l’instant, je ne vais pas me mettre à distribuer des conseils. Je sais pas, travailler beaucoup ? C’est pas très marrant.

A : Qu’est ce que je peux te souhaiter à part une bonne journée ?
C : Plein de temps pour écrire, plein d’idées. Bonne journée !

 


En attendant le « Repas Dominical », découvrez son premier court métrage couronné du prix du meilleur film d’animation au festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

 

SIGLE NOIR MINI WEB

Your comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *