Végétarisme, idées reçues et réalité
Laura 3 juin 2016

Temps de lecture : 6 minutes

Avant, quand tu étais végétarien, tu étais un hippie. Maintenant, quand tu es végane, tu es un putain de bobo.


On pourrait parler de la façon dont on catalogue les personnes et dont on attribue des étiquettes fourre-tout, mais c’est un autre sujet. Non, aujourd’hui nous allons parler du végétarisme, des idées reçues et de ce qu’il en est réellement.

Tout d’abord, clarifions les choses : une personne végétarienne ne mange pas de chair animale (viande, poisson, mollusques et crustacés) et un végétalien ne mange pas de produits d’origine animale (les précités mais aussi œufs, produits laitiers et miel). Enfin, être végane est plus un mode de vie qu’une alimentation, puisqu’il s’agit d’exclure le cuir, la fourrure, la laine, mais également les produits testés sur les animaux par exemple. Dès lors, ils se tournent vers du « cruelty free » ou du « cuir vegan ». Globalement, un végane cherche à faire le moins de mal possible aux animaux, et s’oppose donc à toute exploitation.

Mais pourquoi donc basher les personnes qui font un choix différent du nôtre ? Amour de la gastronomie française (et de son plat principal tourné autour de la viande et d’un accompagnement) ? Crainte pour la santé (même celle des inconnus visiblement, vu certains haters ou trolls sur Internet) ? Rejet de la différence ? Lassitude devant les militants végé les plus endurcis et les images chocs ? Culpabilisation et refus de voir la vérité en face ? Peu importe la raison, non les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux.

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— LES RAISONS DU VÉGÉTARISME
Pourtant, si certains se tournent vers le végétarisme, ce n’est pas sur un coup de tête. Il n’est pas facile de se séparer de ses habitudes, surtout que l’alimentation joue un rôle convivial fort en France. Il faut donc de sacrés arguments pour être convaincu de devenir végé.

#1 : L’impact environnemental
L’industrie de la viande détruit l’environnement. Tous ces hectares utilisés pour cultiver la nourriture des bovins, ovins, porcs, volailles et autres animaux considérés comme mangeables ? On pourrait économiser bien des surfaces et beaucoup d’eau en se contentant de végétaux. L’élevage représente 8% de la consommation mondiale d’eau. L’agriculture est responsable d’environ 91% de la déforestation de la forêt amazonienne. Mais pourquoi n’en entendons-nous jamais parler me direz-vous ? Sans rentrer dans la théorie du complot, un début de réponse est peut-être à trouver dans le documentaire Cowpiracy. Les associations écologistes comme Greenpeace ne communiquent pas dessus, car ce serait beaucoup trop clivant. Il est facile d’apprendre à fermer le robinet quand on se brosse les dents, de recycler ses déchets et de limiter ses trajets en transports trop polluants. Mais il est plus difficile de changer son mode d’alimentation. Alors que bon, on le dit, on le sait mais je le répète : les pets de vache ont plus d’impact sur le réchauffement de la planète que les transports (4×4 et avions compris). Ce n’est pas une raison pour ne pas faire d’efforts par ailleurs, mais quand même. Un écolo viandard, c’est un gros contresens, un oxymore même.

#2 : L’impact social
A l’échelle mondiale, 75% des terres agricoles du globe sont dédiées à faire pousser la nourriture de notre cheptel mondial. D’ailleurs, vous savez toutes ces surfaces utilisées pour nourrir votre Big Mac ? Elles pourraient être utilisées pour produire de la nourriture. Pour les personnes locales. Pas pour vos travers de porc, petits occidentaux privilégiés et inconscients. Chaque morceau de viande que nous mangeons est une gifle sur la joue baignée de larmes d’un enfant affamé.

#3 : L’impact santé
Plusieurs études semblent montrer qu’on vit en meilleure santé en étant végétarien. Non seulement le régime végétarien est sain, mais il réduirait les risques de maladies cardiovasculaires (et d’autres problèmes de santé) et rallongerait également l’espérance de vie. Eh oui. On peut se passer de steak.

#4 : L’impact sur les animaux
Cela devrait être le plus évident, mais à force de conditionnement et d’habitude, on n’y songe plus. Les fréquents scandales liés aux abattoirs (à Alès ou encore à Soule) ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La maltraitance animale n’est malheureusement pas cantonnée à quelques cas. Elle est légion, que ce soient les poussins mâles broyés ou le gavage des oies. La sélectivité du cerveau humain ne semble pas avoir de limite : tout le monde a crié au scandale à la mort du lion Cecil (certes, espèce protégée) ou se révolte devant les cas de cruauté à l’encontre des animaux de compagnie. Mais les veaux, vaches et cochons, pas de problème. Coucou, dissonance cognitive. Ou comment distinguer les mignons petits chiots et chatons des animaux qui finiront dans notre assiette, car « la viande, c’est trop bon ». Deux poids deux mesures.

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— MESSAGE AUX OMNIVORES
Arrêtez de faire la différence entre la vache toute mignonne dans son pré et votre steak de bœuf. Arrêtez de faire la différence entre la fourrure et le cuir. C’est la même chose. Et non, ce ne sont pas les mêmes animaux qui sont abattus pour faire un steak et pour faire une paire de chaussures.
Arrêtez avec le cri de la carotte. Vraiment.
Non les véganes ne sont pas une secte et n’ont pas de super-pouvoirs. Désolée. Non il n’y a pas de carences avec le régime végétarien, aucun risque ! Ni en protéines, ni en fer et ni en calcium. Idem pour le régime végétalien, à l’exception de la B12 (vitamine qu’on trouve dans les produits animaux, eux-mêmes souvent supplémentés) et on peut facilement y remédier en prenant des compléments.

Cependant, cela ne sert à rien de s’auto-flageller. Ce n’est pas productif. Tout comme il ne sert à rien de faire culpabiliser et de faire campagne sur les aspects négatifs de la viande. Sensibiliser aux problèmes causés par l’industrie de la viande, OK, mais ne faire que ça ne fera pas avancer les choses. Il vaut mieux tenter de construire quelque chose, de montrer les côtés positifs du régime végétarien. Il existe désormais plein de blogs et chaînes YouTube de personnes véganes, qui proposent recettes et conseils. D’ailleurs, je ne suis pas partisane du discours intraitable de certains. Quelqu’un de violent dans ses propos, qui s’attaque à quelque chose d’aussi essentiel que le mode de vie et l’alimentation (surtout en France, où c’est une institution) ne réussiront jamais à convaincre. Le végétarisme n’est pas facile à accepter au début, voire pas du tout.

Il faut en outre garder en tête qu’être végétarien, ce n’est pas un régime au sens « privation » du terme. Il s’agit d’un choix. Si demain un végane veut manger des crevettes ou acheter un blouson en cuir, il PEUT. Mais il ne le veut pas car il est conscient des implications derrière, voilà tout. Il n’y aura pas de « vegan police » en cas d’entorse.

Pour conclure, je ne dis pas « dites adieu à la côte de bœuf et bonjour au tofu maintenant ». Il serait juste bien de réfléchir aux conséquences de nos actions et de nos actes de consommation devenus ordinaires. On ne voit plus l’animal derrière le steak. Or sa mort a un impact fort à beaucoup de niveaux. Diminuer sa consommation de viande est déjà un premier pas. En consommer 1 à 2 fois par semaine est largement suffisant. Et pourtant, on en consomme 1 à 2 fois par jour, voire plus.


Le végétarisme n’est pas une secte, seulement un choix. Si cela ne vous tente pas alors que vous êtes conscients des conséquences de l’industrie de la viande, libre à vous. Mais ne jugez pas les gens qui décident autrement.

En savoir + :
– Site du de l’association végétarienne de France (vegetarisme.fr)
– Le guide du végétarien débutant par l’association végétarienne de France et le guide pour végétariens débutants de l’association canadienne Mercy for animals
– Documentaires : Cowspiracy (axé sur l’impact environnemental, pas d’images choquantes sauf à un moment assez court, disponible sur YouTube et sur Netflix), Earthlings (images choquantes).
– Vidéos YouTube : Comment le végétarisme va sauver le monde, Le discours le plus important de votre vie de Gary Yourofsky (quelques images choquantes), Quand la boucherie, le monde pleure Datagueule #55.
– Chaînes YouTube de personnes végés francophones : Esther, Friendly beauty, Cherry pepper, Antastesia, Jihem Doe, Gurren vegan.
Laura

2 Comments

  1. LUTTE NATIONALE ET EUROPEENNE CONTRE L’HIPPOPHAGIE.
    NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !
    Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à :
    AEC
    Résidence La Pléiade
    98, rue de Canteleu
    59000 LILLE
    Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier.
    Faites passer le message à vos amis.
    Amitiés.
    AEC.

  2. Je rajouterai que le végétarisme est bon aussi pour le porte-monnaie.Fèves et blé, lentilles et riz, maïs et haricots rouges, pois chiches et semoule, sont des associations utilisées de tout temps par de nombreux peuples, pour consommer tous les acides aminés essentiel à moindre coût monétaire et environnemental. Non le végétarien ne mange pas que des légumes, il fait la part belle aux merveilleuses légumineuse. De préférence avec des petits oignons et du curry.(avis personnel)

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