Une rencontre Fauve
ALCHIMY 20 août 2015

Temps de lecture : 6 minutes

Lors de la Fête du Bruit, Fauve a accepté de nous recevoir et nous a fait participer à un moment de simplicité, qu’on a envie de partager à notre tour avec vous.


 

ALCHIMY : Comment vous êtes-vous rencontrés, comment FAUVE est-il né ?
Fauve : On est tous des amis. Pour certains, nous nous connaissons car nos parents étaient amis. Pour d’autres, se sont des amis d’enfance, d’école.

Nous nous sommes retrouvés sur Paris il y a quelques années et avons eu envie de créer un projet. Un truc de musique. Nous étions 5 au départ, c’était un mini joyeux bordel. La base de notre projet c’est la musique, nous ne voulions pas d’un groupe avec un chanteur et des musiciens, nous voulions un collectif ouvert. Une sorte de format hybride de collectif où tout le monde s’implique à tous les niveaux.

 

A : Comment avez-vous choisi votre nom et votre logo ?
F : On a commencé par chercher un nom pour rendre notre projet réel, pour se dire « ce soir on se retrouve pour Fauve », pour avoir le sentiment de créer quelque chose et surtout pour avoir un blaze.

On a cherché dans la vie de tous les jours, mais sans chercher finalement. Lorsque l’on lisait un bouquin, un magazine, qu’on allait au ciné ou à un concert, on a fait plus attention aux mots, à leurs sonorités, à leurs couleurs… On notait tous les mots, les expressions qui nous plaisaient et on se concertait pour savoir si ça plaisait à tout le monde.

Un jour, un pote est tombé sur une ancienne affiche de film qui s’intitulait Les nuits fauves de Cyril Collard. Et quand il nous en a parlé, ça nous a tout de suite plu, on a aimé la sonorité, le côté félin, sauvage et on s’est dit : on choisit ce nom pour le moment, on verra après.

On a commencé à se l’approprier, à l’utiliser dans notre vocabulaire et dans notre langage courant : c’est fauve, ce n’est pas fauve. On l’écrivait un peu partout : au boulot, sur des brouillons, sur nous. En gribouillant, on a trouvé notre logo, le signe différent  ≠, qui représente aussi le F de FAUVE.

 

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L’idée de cette photo a été proposée par Fauve : BZHxFAUVE

 

A : Qui écrit les textes ?
F : 3 personnes composent les textes, l’écriture est leur instrument, c’est une casquette à part entière. Ils apportent la matière brute et on va la tailler et la façonner tous ensemble. Chaque membre du collectif a son mot à dire et peut donner son avis. Chacun a une compétence particulière : scénographie, écriture, vidéo, lumière, marketing… Mais les casquettes de chaque personne sont beaucoup plus larges : c’est l’aspect parallèle du collectif, la face caché. Tout le monde participe.

 

A : Quel message aimeriez-vous faire passer à la jeunesse ?
F : Tout ce qu’on a à dire est dans nos textes. On écrit plus pour nous que pour les autres, on n’a pas de message particulier à délivrer. On exprime nos pensées, nos idées et notre ressenti.

On ne se prononce pas individuellement. On travaille tous ensemble, il n’y a pas de prise de parti et on ne donne pas de nom quand on s’exprime. Parce qu’on revient toujours au même point en fait : on travaille tous ensemble. C’est grâce à ça qu’on arrive à tenir l’histoire. Notre aventure aurait pu être très éphémère et nous pensons que c’est grâce à cette cohésion que l’on tient.

 

A : Qu’est ce qui vous plait à la Fête du bruit, qu’est ce qui vous a donné envie de venir ?
F : On va le dire au présent, pas d’averse, on a mangé des crêpes un peu plus loin c’était super sympa ! On adore le coin, on est toujours content de venir en Bretagne.

En fait, on ne peut pas vraiment te répondre pourquoi, car ce n’est pas nous qui choisissons. On nous contacte, on nous propose de venir et dès qu’on est invités et qu’on est dispo, on vient.

Nous aimons découvrir d’autres lieux, de nouvelles salles de concerts, nous aimons quand ça change. Ça nous ferait chier de toujours tourner dans les mêmes endroits. Et nous sommes très rarement déçus des régions où nous passons.

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A : Comment trouvez-vous le public breton ?
F : Super et surtout on croise des Bretons partout ! Dans chaque festival qu’on a pu faire on a aperçu un drapeau Breton ! On garde aussi un super souvenir d’un concert à Brest il y a un 1 an et demi environ au Vauban, et également au Liberté à Rennes cette année.

 

A : Quelle est la chose la plus folle que vous ayez vue ou vécue au cours de votre carrière ?
F : Déjà le mot « carrière » est bizarre ! On parlerait plus d’une aventure. On parlera surtout de nos moments sur scène. Avant de monter sur scène on a tous un peu de stress et quand on y est, on se regarde, et là, on se sent bien, on est entre nous, entre potes. Ce sont des regards, des gestes ou encore des chutes !

Sinon, ce sont des choses ordinaires, des plaisirs du quotidien, comme sur l’Île Sainte-Marie où on a de supers souvenirs : nous en bande sur la plage, la mer, les algues rouges ! À ce moment là, on ne voyageait pas beaucoup donc c’était vraiment un moment génial, un moment d’amitié forte et de partage. Il y a aussi le fait de voyager ensemble, d’avoir pris l’avion entre potes pour aller à la Réunion ou encore à Montréal. Et puis ce soir on fait l’affiche avec Snoop Dogg !! Ce qui est encore plus fou c’est de se dire qu’on est encore là !

 

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A : Votre prochain voyage ce serait où et pourquoi ?
F : A Thonon, au bord du lac Léman. C’est un bel endroit, simple, cool. On n’a pas forcément besoin d’aller loin pour se faire de bons souvenirs, là-bas on a un beau cadre, une spécialité locale, une ambiance.

 

A : Quel est votre philosophie de vie ?
F : L’amitié ! Les choses simples, le partage. Le fait d’être entre nous de vivre cette aventure, et bien sûr la musique.

 

A : Si vous deviez vivre à une autre époque ce serait quand ?
F : Je te donne autant de réponses pour essayer de représenter l’ensemble du collectif : dans les années 30, à l’époque de la prohibition aux États-Unis, pendant Woodstock, c’est un symbole de liberté, musicalement il se passait plein de choses ou encore dans le futur, à quoi va ressembler le monde de demain en terme de technologie : où tu vas garer ta voiture volante ?!

 

A : Quels artistes vous ont le plus marqués ?
F : Tous ceux qui ont tourné avec nous l’année dernière et qui sont présents dans nos premières parties : Grand blanc, Georgio, Les Gordons etc…

 

A : Qu’est ce que ça vous fait de voir la foule reprendre vos chansons à l’unisson ?
F : On ne comprend pas, parce qu’à la base c’est quelque chose que l’on fait pour nous, on ne le fait pas pour les autres, c’est pour nous et on ne réalise pas tout de suite ce qui nous arrive.

Quand on rentre chez nous, il y a un tel décalage entre nos vies perso et nos vies en tournée que c’est là qu’on réalise et qu’on se dit « Oh ! Ah ouais quand même ! ». C’est comme si le matin tu rentrais dans le métro et que tu criais « Est-ce que tous le monde est content d’être là ?! » et que toute la ram se levait et te répondait « OUAIIIIS !! » et quand tu sors du métro et que les portes se referment, tu te dis c’est dingue tout le monde a réagi, je viens de faire crier des gens dans le métro !! C’est ça que ça nous fait, ça vient à retardement.

Merci beaucoup de nous avoir reçus. On a passé un super moment avec vous, que ce soit pendant cette interview ou quand vous êtes rentrés sur scène. Vous nous avez transmis votre énergie, et le public vous l’a transmis à son tour en reprenant à l’unisson Haut les cœurs, Blizzard ou encore Infirmière… C’était un beau moment de partage, un moment fort, un moment

 

SIGLE NOIR MINI WEB

Article rédigé par Fanny.

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