Spicee : le média video de grands reportages
baptiste 19 février 2016

Temps de lecture : 4 minutes

Spicee, ce pure player indépendant promet de « pimenter » nos médias en proposant des contenus 100% vidéos qui piquent la curiosité des gens, mais qui flattent aussi leur intelligence !


 

Le projet a été lancé par trois hommes aux parcours distincts, mais aux constats semblables : la télé n’a pas su s’adapter à la transformation numérique, et Internet est saturé de vidéos. Jean-Bernard Schmidt, ex-directeur de la rédaction des magazines M6, Antoine Robin ex-directeur d’Havas Production, et Bruno Vanryb, ancien vice-président du Conseil national du numérique, forment ce trio ambitieux qui veut faire de Spicee ce « média haut de gamme, qui vous prend pour ce que vous êtes, des gens curieux et intelligents ». Le trio a été récemment rejoint par Alexandre Michelin qui a pris la direction générale début décembre après avoir été à la tête de Microsoft MSN Europe et avoir tenté sa chance pour la présidence de France Télévisions.

 

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En tant qu’anciens de la télé, leur savoir-faire leur permet de contrôler l’ensemble de la chaine fabrication, à la fois producteur de contenus originaux, éditeur et diffuseur. Spicee dispose d’un réseau de plus de 45 correspondants et journalistes, en France et à travers le monde, grâce un partenariat avec Babel Press. C’est une agence d’images travaillant régulièrement avec « Un œil sur la Planète » sur France 2 ou « l’Effet Papillon » sur Canal+.

 

— SPICEE S’ADAPTE À VOS ENVIES ET VOS BESOINS
Ayant pour cible des internautes déjà bien informés, exigeants et cherchant de l’originalité, Spicee proposes des reportages aux sujets à la fois exotiques, étonnants, parfois dérangeants, mais toujours incarnés par de vrais personnages, et moins trash et masculins que son concurrent Vice News. Laissant une grande liberté à ses journalistes, les idées de reportages ne manquent pas : la plate-forme « croule sous les propositions », selon son fondateur Jean-Bernard Schmidt, qui diffuse un grand nombre de sujets refusés par les chaînes françaises. « La télé a peur des reportages tournés à l’étranger, qu’elle ne juge pas assez concernant pour les Français. Elle a en partie abandonné ce terrain. Nous, on prend des décisions rapidement, on tourne vite, en laissant un maximum de liberté aux auteurs, parfois très jeunes, qui nous proposent des histoires originales tournées au bout du monde. » explique Bernard Schmidt sur Télérama.fr.

 

 

Les reportages sont classés en quatre rubriques. « Story », on y on trouve des portraits insolites et insolents, des rencontres du bout du monde et des destins hors norme. « Investigations », rubrique alimentée par des enquêtes, révélations, décryptages sur tous les thèmes qui font l’actualité. « Lifestyle », dans cette rubrique, des magazines plus légers, mais jamais niais, intelligemment superficiels, « de l’art de soi » en mode grand reportage ! Et enfin « Select », pour découvrir ou redécouvrir des films forts, émouvants, des enquêtes qui ont parfois changé le cours de l’histoire.

Grâce à ce découpage et cette diversité, on peut passer d’une étonnante interview de Thomas Soto dans un salon de coiffure, à un portrait sur la seule femme boxeuse de Cuba, en passant par un reportage poignant sur les escadrons du Djihad. Petit plus, conscient que la plupart des vidéos sont visionnées sur smartphone la page d’accueil hiérarchise les contenus selon « le temps de cerveau disponible », vous avez cinq minutes dans le métro, quinze minutes à l’heure du déjeuner, trente minutes et plus le soir…

 

 

— PAYER POUR LA QUALITÉ
Avec les réseaux sociaux comme vecteur de diffusion et un positionnement premium, le modèle économique est simple et sans publicité. Sans publicité, car Spicee a pour volonté de garder son indépendance en restant libre de traiter tous les sujets qu’il veut aborder, sans aucune restriction. Le site vit donc uniquement grâce à ses abonnés et à sa communauté. Le tarif de l’abonnement est fixé à 9,90 euros par mois sans engagement, et il est également possible d’acheter des reportages à l’unité à partir de 2,50 euros. Avec un objectif réaliste de 25 000 abonnés, la plate-forme compte à ce jour 10 000 clients et plus de 2 000 abonnés. Des chiffres que les dirigeants espèrent voir gonfler en tentant d’internationaliser la marque Spicee. Soit en devenant distributeur et en vendant les reportages dans des pays où la plate-forme n’est pas disponible (Spicee a déjà vendu son reportage sur le captagon, la drogue des djihadistes à Radio Canada et RTBF) ou lançant une déclinaison anglaise de Spicee.

 


Grâce à ses sujets pointus et ses formats innovants, la plate-forme de reportages en ligne fait de plus en plus parler d’elle, et se veut être un concurrent français de l’américain Vice News. Spicee doit désormais trouver son équilibre financier. Après avoir presque épuisé une première levée de fonds de 1,2 million d’euros suivie par Xavier Niel et Marc Simoncini (cofondateur de Meetic), la plate-forme prépare une deuxième levée de fonds pour son développement à l’international.

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