[Sorties] Pourquoi Rennes se défend face à Nantes
TANGUY 12 novembre 2015

Temps de lecture : 4 minutes

“Eh merde, j’ai encore dépensé plus de 50 balles hier soir”. Voilà une phrase que j’ai entendue plusieurs fois depuis mon arrivée en début d’année sur Nantes. Elle était beaucoup plus rare quand je vivais sur Rennes. Et pourtant c’est une réalité que je n’avais pas envisagé en aménageant dans la ville de la duchesse Anne. C’est un des points principaux qui – à mon avis – font que je préférerais la capital bretonne.


 

Rennes possède de part sa taille, sa géographie et ses bâtiments beaucoup de lieux où il est possible de festoyer sans (trop) gêner la population dormante. Je pourrais citer l’Élaboratoire (ou l’Élabo), qui n’est plus ce qu’il a pu être, mais qui brasse beaucoup de personnes. Plusieurs hangars désaffectés et même un chapiteau y sont installés le temps d’événements majeur. Le dernier en date que j’ai fait était la Balkan Party avec une entrée au environ des 5 euros et la possibilité d’y amener son propre alcool. L’an dernier j’ai eu la chance d’être accompagnée par un autre squat : Le 40mcube, qui a dû fermer pour problèmes administratifs, mais qui était également le lieu idéal pour passer des soirées de toutes sortes : punk, rock, électro, etc.

Les dimanches de beau temps, on pouvait aller aux prairies Saint Martin, s’y poser et profiter de différentes activités organisées sans trop se prendre la tête. Nantes a bien ses Goutez Électronique, beaucoup mieux organisés avec un cadre réellement idéal, mais l’interdiction d’y amener ses propres bouteilles rend la chose beaucoup moins attractive. On pourra citer cette année l’ouverture à Rennes de la basse division : le collectif Le Jour Et la Nuit qui organise pas mal de soirées.

 

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L’élaboratoire © Lisa Kauffmann

 

— LES SOIRÉES DANS LES BARS
Nantes profite également beaucoup de ses nombreux concerts ou soirées organisés dans des boites ou des bars. On peut y trouver beaucoup de groupes ou DJ de qualité, mais le prix étant toujours de plus de dix euros pour pouvoir finir vers sept heures du matin et payer son demi plus de cinq euros donne quand même un goût amer à tout ça. Je me suis renseigné plusieurs fois sur des lieux alternatifs à ce genre de soirées, mais il semble que cette ville n’a pas la chance d’avoir des lieux adaptés en son sein. Je ne boude pas du tout Nantes, avoir des bars qui ferment à trois heures du matin et des bars de nuit à cinq permet de passer de très bonne soirée, de s’éclater entre pote et rencontrer du monde… Comme des soirées normales en faite. Mais cela a quand même un certain coût qu’en tant qu’étudiant j’ai du mal à assumer.

Autre chose que j’ai pu remarquer, même si n’est pas très classe, c’est la possibilité de boire dans la rue. Ce n’est pas du tout une question de flicage ou que ce soit mal vu, mais plus la configuration des lieux. En effet, Nantes a beau avoir un magnifique centre ville, les rues à bars sont très étroites, ou alors complètement vides, comme la place Bouffay. La rue de la soif rennaise, en plein centre ville, côtoie deux places : la place Sainte Anne et la place des Lices. Le monde attirant par définition le monde, il est possible de se poser devant des bars, sur les rebords des Lices sans gêner personne tout en pouvant profiter de l’ambiance avoisinante. Par contre il ne faut pas traîner, les bars à Rennes ferment à une heure, et les bars de nuit à trois. Je pense que c’est un facteur assez majeur de la création d’endroits alternatifs et de leur succès : à trois heure du mat’, personne n’a envie d’aller se coucher alors que la fête bat son plein. Les personnes sans trop de budget, ou n’ayant pas envie de dépenser des fortunes pour écouter Fun Radio se dirigent naturellement vers d’autre lieux.

 

© Yulia Baba
Le Hanger à Bananes – Nantes © Yulia Baba

 

Il existe des salles à Rennes, comme l‘UBU, l’Antipode ou le 1988 Live Club, qui accueillent de très bons artistes et où il est possible de finir tard. Ce qui fait la force de la ville, c’est qu’elles ne soient pas la seule alternative à la soirée en boite classique. Un des points forts de Nantes, et ceci est incontestable, sera sa diversité : le LU, le nid, le chat noir, etc.

Ces deux villes ont chacun leur clientèle, leur ambiance, qui permet de ne pas tomber dans une routine. Le point faible de la ville de Rennes c’est qu’elle se laisse enfermer dans les mêmes endroits tant les bars se ressemblent (en même temps si ce n’était pas à chaque fois les mêmes patrons qui reviennent). On finit alors très vite par retourner dans les même bars, qui deviendront nos QG.

Comme dernier point de comparaison, je dirai que Nantes a sûrement un meilleur potentiel quand on devient actif, et qu’on gagne assez bien sa vie. L’offre est vraiment sympa si on y met les moyens. Mais il reste quand même ce sentiment que la ville contrôle l’offre culturelle, et qu’on ne fait que profiter de ce qu’elle nous donne.

 


Rennes donne beaucoup de libertés aux différents acteurs culturels, mais a tendance a de plus en plus verrouiller les possibilités. En tous cas, Nantes et Rennes sont des villes que j’apprécie beaucoup, et je pense que avoir encore beaucoup de choses à découvrir sur Nantes pour l’apprécier a fond, tant qu’elle ne devient pas comme Bordeaux.

TANGUY

2 Comments

  1. Le problème de Rennes, c’est de ne pas savoir embellir sa ville en permanence !
    Pas de grands chantiers intéressants !
    Et franchement, pour un touriste, la ville donne envie de fuir au premier abord (Punk à chien…) alors que Rennes est une super ville dynamique !
    Nantes est également meilleure sur sa communication ! Ils font rêver, ils créer des événements originaux adressés au grand public ! On en parle hors de la région !
    Vous avez raison sur le « tant qu’elle ne devient pas comme Bordeaux. » Pour avoir vécu 3 ans à Bordeaux, on s’y emmerde, les gens n’ont jamais dépassés les frontières de l’Aquitaine…Dommage, très belle ville mais c’est le Vatican. Je généralise un peu je sais.

  2. Oui Rennes a le problème de ne pas savoir se mettre en valeur notamment en son centre (austère, tags partout, punks à chiens, quais de la vilaine ragoutant vers le musée des BA, illuminations inexistantes, peu de verdure) contrairement à Nantes (miroir d’eau, bord de l’Erdre, éclairer les façades tout belle). Rennes a aussi un manque de folie touristique sur les sorties par rapport à Nantes (Nid à 120 mètres de haut, Machines, La Fabrique, LU). A Rennes on se tape un 1988 dynamique mais dans un lieu/quartier moche, une salle comme l’ Etage qui ne ressemble à rien. On n’a rien à proposer au bord des rivières, pas de dynamisme en dehors des bars Ste-Anne/Lices. Ca va 5 min ! Et les touristes n’ont rien a faire, on s’y ennuie très vite : pas de musée, pas de bateaux, pas de guide, pas de city pass, pas de petit train. Les visites guidés sont ch***tes, chères et se sont toujours les même. Il faut faire bien plus…

    Elle est l’inverse de Bordeaux en fait : pas mise en valeur mais chaleureuse/festive

    Heureusement, elle reste quand même dynamique, animée, vivante car bien fournie en étudiants…

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