Voici les albums que vos oreilles devaient écouter en janvier
PAUL 5 février 2016

Temps de lecture : 5 minutes

Voici la liste – non-exhaustive – des albums qu’il fallait écouter le mois dernier : des plus grands aux découvertes musicales, du Rock à la Pop en passant par le Rap. À consommer sans aucune modération auditive.


 

 

ANDERSON.PAAK – Malibu (sortie le 15 Janvier 2016)

Anderson.Paak

 

C’est assurément la pépite musicale de ce début d’année. Le californien nous propose son premier album, Malibu, qui en dit déjà long sur le talent indéniable de cet artiste de 30 ans. Révélé l’an dernier sur l’album tant attendu de Dr.Dre Compton, il apparaît sur pas moins de 6 titres de ce dernier. Anderson.Paak, son nom de scène d’origine (ex-Breezy Lovejoy), fut découvert sur la plateforme de téléchargement SoundCloud par un directeur artistique qui le proposa directement au producteur phare du rap américain.

Mélangeant les styles à outrance, Anderson.Paak pose son flow sur un son blues et groovy, la fusion parfaite de la soul et du hip-hop. L’album commence avec l’exemple de cette alliance, un riff de guitare et le son suave d’une trompette, tel Miles Davis, permet au titre Bird d’asseoir le style du rappeur. Fini les sons background simplement électro de ses premiers EP. Les inspirations de la côte ouest américaine s’entremêlent dans les paroles et dans l’invitation au voyage musical.

 

 

La ressemblance stylistique, tant sur la voix, le flow que sur la musique, avec Kendrick Lamar est perceptible sur plusieurs morceaux. Anderson.Paak collabore même avec ce dernier sur le très bon To Pimp A Butterfly, sorti l’an dernier. La rencontre avec ces grands noms assure à l’artiste californien une mise en lumière qu’il méritait depuis un bon nombre d’années.

Les collaborations sur cet album sont également la mise en abyme de ce mélange de styles avec des artistes tels que BJ The Chicago Kid, Schoolboy Q et l’excellent The Game. Le chanteur aborde aussi une version poétique et personnelle de sa Californie natale. Sur un morceau tel Come Down, on peut sentir l’ensemble des influences d’Anderson.Paak comme James Brown ou Kool & The Gang. Enfin, la fin de l’album est une apothéose musicale de la représentation de la vie de l’artiste et sa manière de prendre la vague de ce nouveau mouvement du Hip-hop abordé par les grands noms avec lequel Anderson.Paak a pu collaborer durant l’année 2015.

En concert à Paris à « La Bellevilloise » le 24 Février.

 

DAVID BOWIE – Blackstar (sortie le 8 Janvier 2016)

Cette chronique commence au lendemain de la sortie de cet album, aucune retouche n’a été opérée sur la critique du 9 Janvier.

9 Janvier 2016

Une nouvelle pierre s’ajoute à l’édifice du mythe que représente David Bowie dans le monde de la musique. Pour ce 26ème album studio et pour le jour de son anniversaire, l’auto-nommé Ziggy Stardust propose Blackstar comme un symbole éponyme depuis son retour en 2013 avec The Next Day son dernier album. Sur cette première chanson, sortie préalablement le 20 novembre dernier, les paroles sont judicieusement choisies pour parler du déclin d’une étoile noire, Bowie verrait-il alors sa carrière en plein déclin ?

Musicalement, il est difficile de donner un style précis à cet album. Jonglant de la pop au rock’n’roll roll, certaines touches électro-jazz, la voix de Bowie n’est jusqu’ici pas altérée par les années. Cependant dans toute l’expérimentation musicale, on sent, à chaque notes, tout le génie de ce géant de la musique. Et l’auditeur se trouve, ou se retrouve, transporté dans l’univers de l’artiste. …

 

 

11 Janvier 2016

Chacun commence sa routine matinale de la même manière, on allume sa radio, on fait couler son café ou on saute sous la douche. Ce 11 Janvier commence de la même manière que tous les autres jours. A la différence qu’aujourd’hui, les journaux titrent « DAVID BOWIE EST MORT ». Le choc. S’en suit les rafales d’hommages sur les réseaux sociaux, tout le monde veut partager sur le décès de celui qui, à travers les âges, marqua la musique de ses titres comme Life on Mars ? , Heroes ou Let’s Dance. Jamais on aura vu un tel flot de chanson de Bowie circuler sur internet.

Le (désormais) dernier album de l’artiste, toujours dans les bacs, semble devenir l’objet de culte ultime pour vivre et faire vivre les derniers moments de l’homme aux yeux que beaucoup croient vairons. Les paroles de Blackstar seraient-elles prémonitoires ? « Something happened on the day he died / Spirit rose a metre and stepped aside / Somebody else took his place, and bravely cried ». On s’obsède alors à décrypter et à voir des signes dans chaque riffs de guitare, dans chaque parole. Cette atmosphère morbide semble être préparée de toute pièce par l’artiste pour un dernier adieu à son public.

Le dernier titre I Can’t Give Everything Away semble reprendre les codes astrales de cet album. Mais comme un symbole, on obtient un morceau presque léger et qui nous redonne le sourire. Les solos du virtuose Donny McCaslin au saxophone ou le bassiste Tim Lefebvre nous emmènent dans un état quasi psychédélique et l’album se termine sur une note qui ne s’arrête pas, comme suspendue dans le temps et c’est sûrement ça la conclusion de la carrière de Bowie. Quelqu’un qui a réussi à suspendre la musique et dont la musique résonnera à l’infini.

« Il attaque « Rock’nRoll Suicide », trucidant son alter ego, le catapultant dans un ailleurs d’où il ne redescendrait plus, tournant à tout jamais dans un brouillard rose poussière de satellite, arrosant la planète bleue d’ondes bénéfiques. » Philippe Manœuvre, Rock&Folk

 

DAUGHTER – Not To Disappear (sortie le 15 Janvier 2016)

 

Retour du trio Anglo-Franco-Suisse pour son deuxième album. Résolument un peu plus rock, les musiques assurent cependant un côté intime poussé à l’extrême. Comme le précédent, les musiques envoutantes et la voix captivante d’Elena Tonra nous emmènent dans un voyage à travers l’univers profond de Daughter.

L’album commence par le titre New Ways, porté par les riffs électroniques, qui permettent d’assurer le décollage musical et dès les premières notes nous voici transportés, comme happés par la mélodie. La sensation que nous fait ressentir cet album est assez étrange. Les paroles sombres et mélancoliques nous touchent en plein cœur.

 

 

La suite des morceaux est à la hauteur de la qualité de ce premier titre. La justesse de l’écriture de la chanteuse anglaise apporte à cet album un sentiment étrange pour l’auditeur. Touché en plein cœur par les paroles sombres et mélancoliques, comme susurrées par Elena. Frôlant avec la nostalgie, Daughter signe un album ensorcelant et les adjectifs manquent pour caractériser pleinement la qualité de celui-ci.

Dans le dernier morceau, Made of Stone, le trio conclut avec une musique qui nous laisse planer et nous laisse les accompagner dans leur univers criant de beauté. Enivrant et d’une sensibilité évidente, Not to Disappear est l’album pop mélancolique qui mérite d’être rejoué à l’instant où les dernières notes résonnent.

 

PAUL

Musicologiste melomane.

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