Voici les albums que vos oreilles devaient écouter en Février
PAUL 4 mars 2016

Temps de lecture : 5 minutes

Voici la liste – non-exhaustive – des albums qu’il fallait écouter le mois dernier : des plus grands aux découvertes musicales, du Rock à la Pop en passant par le Rap. À consommer sans aucune modération auditive.


 

KANYE WEST – The Life Of Pablo (sortie le 11 Février 2016)

Kanye-chain

 

Arrêtez tout ! Le meilleur album depuis la nuit des temps vient de sortir a.k.a. Le dernier album mégalomaniaque de Kanye West vient de sortir. L’autoproclamé Yeezus et sa personnalité, insupportable d’arrogance, énervent mais on ne peut que s’incliner devant le génie. Essayons alors de ne pas simplement juger le personnage médiatique qui nous balade avec  ses  sorties débordantes d’ego, son visage qui ne sourit jamais et sa femme. Car Kanye fait du Kanye pour écouter Kanye parler sur Kanye, il vous suffit d’écouter I Love Kanye pour vous faire une idée.

On trépignait à l’idée de mettre « play » et d’entendre les premières notes du titre Ultralight Beam, et pour le dire nous n’avons pas mis longtemps à côtoyer la personnalité schizophrène de Kanye West. On tombe sur un sermon lancé par un enfant et une voix maternelle qui ponctue les phrases par des « Yes, Jesus », « Yes, Lord ». Puis, Kanye arrive, avec une parole qui lui est toute trouvée « This is a god dream ». Loin de choquer les puristes de par son délire divin, l’ouverture est parfaite et le featuring de Chance the Rapper est excellent.

Dans la musique et dans les textes, on déambule entre lyrics chiadés, silence, reprise a cappella et envolées lyrics gospels. On frôle avec homogénéité et disparité tant certains titres sont excellents et d’autres superflus. Puis, on entre vraiment dans l’album à l’instant où Sister Nancy commence à chanter au milieu de Famous. Loin du « I made that bitch famous » ou de l’inutilité d’entendre Rihanna sur ce titre, on prend une première claque car c’est ce qu’on attendait de cet album, qu’il nous mette à genou musicalement, tel un boxer qui jette l’éponge.

 

kanye glastonbury ap

 

Petit à petit, on rentre dans l’album et, assez surprenant, on se laisse transporter dans le délire schizophrénique et bluffant que propose Kanye West. Du déjà culte Waves à 30 Hours, en passant par Real Friends, on écoute sans relâche ce moment de l’album et on prend conscience du talent musical et dans la production de Kanye West. Que ce soit par les featuring plus que présents dans l’album, Kanye s’entoure des très bons comme The Weeknd, Kendrick Lamar, Frank Ocean. Mais encore, il arrive à rendre crédible un album avec des artistes comme Chris Brown ou Young Thug. Le nombre de featuring est tel qu’il donne l’impression que tout le monde a voulu faire partie de l’aventure The Life Of Pablo, comme si celui-ci rentrera dans la postérité comme le meilleur album de rap depuis la nuit des temps.

Déroutant et flirtant avec la mauvaise finition sur certains morceaux, Kanye propose un album qui a du sens finalement. Et malgré l’égocentrisme évident de certains morceaux, malgré les lyrics d’une valeur pas toujours optimale, cette album est à l’image de son auteur : intriguant énervant de talent.

Autre défaut? L’album n’est disponible qu’en écoute payante sur la plateforme de JAY Z : TIDAL.

 

 

DIIV – Is The Is Are (sortie le 5 Février 2016)

DIIV1

 

DIIV est de retour pour un deuxième album résolument indie rock. Après l’excellent premier album Oshin, sorti en 2012, on attendait beaucoup du groupe américain. Le leader Zachary Cole Smith a annoncé avoir écrit plus de 300 chansons pour cet album, seulement 17 seront gardées.

Le titre Dopamine était sorti en septembre dernier et celui-ci avait donné le ton sur l’album qui allait paraître. Une belle mélodie et une véritable invitation à un voyage musical. Puis avait suivi en novembre Bent (Roi’s Song), Mire (Grant’s Song) et Under the Sun en décembre. Des morceaux qui avaient assurément confirmés la qualité de la première release mais également la qualité de l’album à venir.

On commence avec Out of Mind, chanson qui nous fait entrer dans l’atmosphère de DIIV dès les premiers accords. La voix posée et les riffs de guitare s’accordent à merveille sur un titre lumineux. Les premiers morceaux sont à l’image du premier et on se ressent en pleine immersion dans l’univers du groupe de la Big Apple.

 

 

Musicalement, les membres du groupe avaient dit s’être inspirés des mélodies de groupe comme Nirvana ou encore la world music pour l’écriture du premier album. On sent dans celui-ci une ressemblance de style, limite frappant, avec The Cure ou des mélodies plus psychédéliques mais également le rythme de vie de leur Brooklyn d’origine. Leur musique a évolué avec notamment l’arrivée en 2013 du musicien Colin Caulfield. Dans les textes, la poésie désormais maîtrisée par Smith. Et l’atmosphère de l’album semble nous transporter et nous laisser flotter dans l’espace. On restera un peu sur sa fin pour certains titres, qui ne reflètent pas vraiment la qualité de la première partie de l’album et de certaines pépites.

Ainsi, avec des titres comme Healthy Moon, ou pour le dernier de l’album Waste of Breath, DIIV nous laisse littéralement sans voix. Pour un groupe qui s’intitulait à la base Dive, on se sent là encore dans un plongeon dans l’univers du groupe. D’une manière très personnelle, DIIV propose une sorte d’autobiographie de son leader Zachary Cole Smith et un album d’une belle qualité musicale.

 

 

ANIMAL COLLECTIVE – Painting With (sortie le 19 Février 2016)

Animal-Collective

 

Approche futuriste et pop frénétique, voilà le mix parfait pour commenter le -déjà- 12ème album du groupe New-Yorkais Animal Collective. Plongeon dans un monde haut en couleur où la folie est synonyme de génie. Car de la folie, il faut en avoir pour écrire le premier titre FloriDada. Trip psychédélique au son africano-dance. Le canon formé par les voix qui semblent se répondre et converser sur une musique qui devient de plus en plus pop, qui nous remplit d’une irrémédiable envie de danser.

C’est étonnant et c’est surtout en dehors des normes musicales des dernières années. Les chansons semblent sans limite créative, et le fouillis  contrôlé de sons et de différents instruments s’ajuste à merveille dans un album juste et coloré. Comme une décharge électrique, on se sent transporté dans un univers infini d’originalité. Les musiques s’enchaînent, de l’abstrait Lying on the Grass au robotique Spilling Guts, l’auditeur est envoyé dans un album d’une liberté créative criante.

 

 

La difficulté est autant de définir un style pour cet album que ne pas le faire entrer dans une case. On entend cependant des ressemblances avec d’autres groupes comme OK GO ou encore MGMT. L’avant dernier titre Golden Gal est frais et les sons utilisés comme instruments semblent sortis tout droit des appareils d’un laboratoire du méchant d’un dessin animé ou de Donkey Kong de nos vieilles GameBoy Color.

On termine l’album avec un plus doux mais d’une musique toujours aussi diversifiée. Les derniers sons, comme des tuyaux sur lesquels on tape, permettent de conclure de manière très instinctive et bourrée d’énergie un album qui restera l’un des plus colorés et barrés de l’année.

 

PAUL

Musicologiste melomane.

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