Rencontre avec Yann Polewka : étudiant le jour, DJ la nuit
Hugo 17 novembre 2015

Temps de lecture : 5 minutes

ALCHIMY a rencontré Yann, un jeune étudiant rennais de 22 ans, nom de scène Yann Polewka, Dj House/Techno et organisateur de soirées. Il se produit partout dans le Grand Ouest, principalement entre Rennes et Nantes


 

ALCHIMY : Salut Yann, ça fait longtemps que tu es dans la musique ?
YANN :
Salut ! Oui environ 3 ans mais je suis baigné dedans depuis tout petit grâce à mon frère qui est DJ. J’avais 10 ans quand je le voyais mixer et j’ai toujours voulu faire pareil. Il m’a biberonné à la Techno et à la House. A partir du lycée je me suis lancé. Je n’avais pas d’expérience, pas de matos, donc j’ai téléchargé un logiciel, c’était la façon la plus simple pour moi.

 

A :  Comment as-tu eu le déclic de t’y mettre sérieusement, de faire partager ta musique, de monter sur scène, etc. ?
Y :
  A l’époque j’étudiais à Nantes et j’ai assez vite arrêté, c’est là que j’ai vraiment commencé à m’y mettre. J’ai travaillé trois ou quatre morceaux sérieusement et six mois après je sortais mon premier EP, ça été le vrai déclic. Mais pour ma première date il y a deux ans et demi, ça s’est fait tout seul. Je manquais de pratique mais depuis tout petit je savais comment faire grâce à mon frère.

 

A : Pas trop dur à combiner la vie d’étudiant avec un emploi du temps de DJ ?
Y :
L’avantage c’est que je suis à la fac donc ça me laisse des disponibilités, je peux me dégager du temps pour développer mes projets à côté. Ces derniers mois, l’organisation de certaines grosses soirées tombait au même moment que les partiels de fin d’année, c’était un emploi du temps serré. Le plus important c’est de trouver le bon équilibre. Et comme je suis en Communication, ça m’aide parfois pour les études.

 

 

A : Et au niveau influences quels sons, quels artistes t’ont marqué ?
Y :
Surtout des artistes House des années 90, les premiers DJs à Détroit ou à Chicago, et en Angleterre. Mon kiffe c’est vraiment toute cette scène parisienne et française qui cartonne aujourd’hui comme le groupe superstar « Apollonia». Ces mecs là et leurs potes, c’était les premiers à ramener la House en France. Toute cette scène est une influence énorme pour moi, avec celle des Etats-Unis aussi. J’aime la Techno mais mon truc à moi c’est vraiment la house.

 

A : Qu’est-ce que tu préfères en tant qu’artiste : produire tes sons, faire des remixes ou mixer devant un public et faire danser les gens ?
Y :
Tout ça va ensemble pour moi. Je distingue trois choses différentes dans ce que je fais : d’abord il y a la production, fabriquer tes propres sons ou faire des remixes. Tu es totalement libre niveau création. Ensuite il y a le fait de mixer, en contact avec le public. Enfin il y a le fait d’organiser des soirées. Tu ne mixes pas mais tu prends plaisir à mettre en avant des gens dont tu aimes le travail ou côtoyer des artistes que tu admires. Tout ça se complète bien selon moi.

 

A : Tu fais aussi partie d’un collectif rennais, Texture, tu peux nous en dire un peu plus ?
Y :
Texture a été créé il y a un peu plus d’un an et demi. Le concept est de proposer des soirées de musique électronique dans des lieux insolites et d’investir complètement chaque endroit, sans se contenter de faire un simple concert. On associe la musique à toute forme d’art en général : art numérique, art visuel… On propose une scénographie et une décoration différente à chaque fois. On invite souvent des performeurs qui viennent faire du graff ou des toiles pendant la soirée, c’est toujours unique.

On a fait des soirées dans un parking sous-terrain en plein centre-ville, dans un champ avec des menhirs, dans un château… Et c’est toujours sold out. On est content que le projet fonctionne aussi bien juste avec le bouche à oreille.

 

 

A : Aujourd’hui beaucoup de gens de notre génération écoutent de la musique électronique, tu trouves que ça s’est démocratisé ? Qu’est-ce que tu en penses en tant que DJ?
Y :
Oui la mode de la musique électronique s’est largement répandue, et surtout de la Techno. Le mauvais côté de la démocratisation c’est l’effet de mode. Je le vois avec Texture, certaines personnes qui détestaient la musique électronique avant se battent pour avoir des places aujourd’hui. Non seulement on perd un peu le côté intimiste d’origine mais il y a une abondance de soirées où les gens n’apprécient pas vraiment le son, y vont juste pour se montrer et dire « j’y étais ». Ça arrive de plus en plus souvent que des objets soient jetés à la figure des DJs, parce que les gens s’attendent à avoir une musique qui pète et sont déçus de se retrouver face à un concert expérimental par exemple, une proposition différente.

Heureusement il y a ceux qui ont découvert cette musique par effet de mode et ont appris à l’aimer sincèrement et passionnément. Et il y a toujours ceux qui l’aiment depuis longtemps.

 

 

A :  Quels sont tes rêves les plus fous ?
Y :
Vivre de ma musique ! Mais ce n’est pas facile dans ce milieu. Sinon sortir des vinyles sur des grands labels, des remixes avec des artistes que j’écoute depuis tout petit. Mixer dans des hauts lieux de la House mondiale comme aux soirées « Circoloco » au « DC10 » à Ibiza, au « Panorama Bar » ou encore dans les lieux mythiques des premières heures de la house !

J’ai déjà quelques rêves qui se sont réalisés, comme à la soirée des 35 ans du « Pym’s » à Rennes où j’ai eu la chance de mixer en première partie de Derrick May, un des fondateurs de la techno.

 

A : Pour finir c’est quoi les prochains projets ?
Y :
 De nouveaux EPs, peut-être des vinyles, de nouvelles soirées… Je fais l’ouverture du festival Capsule à Lamballe le 18 Décembre, il y aura la Texture 5 en Janvier et j’ai aussi un morceau qui va sortir sur la compile BPM Contest. Bref, je ne suis pas prêt de m’arrêter.

Hugo

Joueur, calin, tatoué et vacciné. Prix à débattre.

Your comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *