Religion et écologie font-elles bon ménage ?
Barbara 25 mars 2016

Temps de lecture : 4 minutes

Nous sommes toutes et tous, peu importe notre religion, notre culture, ou notre pays, de plus en plus conscients de la nécessité d’unir nos efforts pour prendre soin de la planète et par conséquent, prendre soin de nous-même. Mais à ce propos, religion et environnement font-ils bon ménage ?


 

On trouve les premiers textes religieux sur l’écologie et le gaspillage dans la Halakha (la loi juive) et plus précisément sous le nom de « Bal tach’hit », la prévention des destructions injustifiées. On trouve d’ailleurs dans le Deutéronome des versets appelant à faire la différence entre l’arbre qu’on peut manger et l’arbre qui n’est pas comestible et qu’on peut couper pour construire une maison. (Deutéronome 20, 19 et 20).

 

— LE JUDAÏSME : LA NATURE COMME INSTRUMENT DE PUNITION
De grandes parties de l’écosystème sont détruites par la montée des eaux. À l’exception de la famille de Noé, toute l’humanité est anéantie.

Si vous avez regardé le prince d’Egypte, vous connaissez donc l’histoire des Dix plaies d’Egypte, s’affiliant à l’histoire de Moïse. Parmi ces plaies, on compte l’invasion de sauterelles, la mort du bétail, ou encore les maladies de peau. Un grand nombre de désastres écologiques vont tuer une partie de la population égyptienne, ses esclaves, ses animaux et ses récoltes. Plusieurs des plaies conduisent à une pollution dramatique de l’eau et de l’air. « Le Nil fut nauséabond, et les Égyptiens ne purent boire des eaux depuis le fleuve… » (Exode 7, 21).

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2de plaie d’Egypte : « les grenouilles tombèrent et recouvrirent l’Égypte » – Crédit photo 2014 Twentieth Century Fox : « Exodus: Gods And Kings »

 

— LA BIBLE : CULTURE ET PROTECTION DE LA NATURE
Quand on se réfère à la Genèse biblique, nous lisons que Dieu nous confia la terre pour que nous la cultivions et la protégions. Le 6 juin 2013, le pape François s’était d’ailleurs exprimé à ce sujet :

«Cultiver et protéger comprend aussi les rapports humains. Si la crise actuelle est largement liée à l’environnement, elle touche également l’homme. La personne est en danger et ceci justifie la priorité d’une écologie humaine. (…) Il s’agit d’une culture du gaspillage et du rejet qui tend à devenir commune. (…) Cette culture rend insensible jusqu’au gâchis alimentaire. La société de consommation nous a habitués à l’excès et au gaspillage des aliments, auxquels on finit par ne plus accorder de valeur. Et ceci va bien au-delà des simples paramètres économiques, car ces denrées sont en fait comme volées aux pauvres et aux affamés. Je vous invite donc à réfléchir sur cette problématique. (…) Prenons tous l’engagement à respecter et protéger l’environnement et la création. Soyons attentifs à toute personne et luttons contre la culture du gaspillage et du rejet au profit d’une culture de la solidarité et du dialogue ».

D’ailleurs Jésus, qui pouvait à l’infini multiplier les pains, a pris soin de faire ramasser les restes dans des paniers «afin que rien ne soit perdu» (Jean 6:12).

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Le déluge (Francis Danby, Tate Gallery) – Public Domain

 

— L’ISLAM N’EST PAS EN RESTE
On a demandé au très reconnu et suivi Cheikh Fawzan quel était le jugement religieux sur le fait de jeter le reste des aliments dont on n’a plus besoin à la poubelle. Voici ce qu’il a répondu :

« Il est autorisé de jeter les aliments avariés qui ne se mangent plus. Quant à ceux, qui sont (encore) bons et qui peuvent être consommés même par les animaux alors, ils seront consommés par ces derniers ou par les volatiles : dans ce cas là, il n’est pas permis de les jeter car le fait de les jeter à la poubelle, il y a en cela du gaspillage et du gâchis ».

 

Mangez et buvez, mais ne soyez pas excessifs !
Dieu n’aime pas ceux qui commettent des excès.

 

L’Islam considère que les ressources naturelles sont des biens communs de l’humanité, comme le souligne la parole prophétique suivante : « Les gens sont associés en trois choses : l’eau le feu et le pâturage. » Ahmad, 5/364. Les musulmans sont invités à éviter toute forme de gaspillage de ses ressources, comme le stipule ce verset coranique :

L’exploitation abusive des ressources naturelles constitue une ingratitude envers Dieu et une forme de corruption que l’Islam condamne sévèrement : « Dieu propose la parabole d’une cité qui vivait dans la paix et la tranquillité, et vers laquelle coulaient à flots des richesses de toutes parts. Or elle se montra ingrate envers les bienfaits de Dieu, qui, en punition de ses méfaits, lui fit connaître les affres de la faim et de la peur » [Coran, s. 16, v. 112].

 


Ces 50 dernières années, l’Homme a causé d’importants dérèglements l’écosystème. L’activité humaine perturbe l’équilibre planétaire et fait obstacle à la préservation de l’environnement. Tout ceci empêche de conserver la Terre telle qu’elle a été. C’est en ce sens que pour les trois religions monothéistes que sont le Judaïsme, la Chrétienté et l’Islam, respecter l’environnement, c’est aussi respecter la création de Dieu.

Barbara

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