Est-ce que j’ai le droit de dire n**** si je chante du Jay-z ?
ALCHIMY 25 juillet 2017

Temps de lecture : 3 minutes

Question très facile pour certains, très difficile pour d’autres. Pour répondre rapidement à la question, je dirais : uniquement les personnes noires. En France ça balance des “black” à tout-va et c’est beaucoup plus difficile d’employer le mot “noir”. Alors si le mot “noir” est si dur à employer pourquoi lâcher des n-word (et sa déclinaison en o) sans pression ?


Vous l’avez compris, ou le savez sans doute déjà, le n-word renvoie à l’esclavage, à une image de personnes noires inférieures, plus proche de l’animal que de l’être humain. Ce terme renie l’humanité des personnes noires.

Oui, l’esclavage commence à dater, oui les individus sont aujourd’hui égaux (en droit du moins) mais les inégalités de traitement persistent. Pas pour tout le monde et pas de la part de tous, mais elles existent.

Maintenant, plutôt que de dire qui a le droit d’utiliser le n-word ou pas, on va voir comment on peut réagir.

— VIOLEMMENT
Pourquoi pas, on peut utiliser la violence physique ou verbale lorsque le terme est prononcé par une personne non-noire. Je comprends, c’est tellement blessant que la réaction peut être violente. Spoiler, après une balayette et 3 low-kicks, la personne ayant fauté ne va pas vous serrer la main et vous donner raison.

— PACIFIQUEMENT
Oui, c’est dur des fois, mais si la personne en face est capable d’entendre ce que vous avez à dire et arrive à adopter votre point de vue, ne serait-ce que pour quelques minutes, elle pourra peut-être mieux le comprendre et l’accepter. Accepter que vous avez le droit de dire un mot qu’elle n’a pas le droit de dire, parce que ce mot entre dans une démarche de réappropriation.

Au xxe siècle, le courant littéraire de la négritude, essentiellement fondé sur une revendication d’identité, s’est réapproprié le mot en opposition avec la connotation péjorative populaire, tel qu’il est utilisé dans l’expression « art nègre ».

Sans doute, l’utilisation du terme vous met hors de vous, vous énerve ou tout simplement vous surprend. Il est fort possible que la personne qui l’emploie n’ait pas idée de la puissance qu’il a pour vous et pour la communauté noire. Ça peut avoir l’air d’être une évidence, mais tout le monde ne le sait pas. Pourquoi ? Parce que ces personnes ne sont pas directement touchées par le problème. C’est normal.

On peut prendre d’autres formes d’oppression comme le sexisme ou l’homophobie. Il vous est peut-être arrivé de dropper des mots sexistes ou homophobes. Vous n’étiez pas dans la confidence, vous étiez trop jeune, vous ne saviez pas. Mais si on vous avait envoyé un uppercut avant de vous expliquer quoi que ce soit, le résultat final n’aurait pas été glorieux. Vous auriez continué à utiliser des termes homophobes.

— CAS PARTICULIER – LA CITATION
Spoiler, ce n’est pas un cas particulier. L’approche cependant est différente, la personne ne pense pas le mot, mais le cite. Toutefois, ce qui sort de sa bouche est toujours le n-word. Comment fait-on ?

Retour à la case Pacifiquement et expliquons si la personne est capable de comprendre. Pour l’anecdote, cet album de Richard Pryor, humoriste US a posé de nombreux soucis aux animateurs de show TV et radio. Pourquoi ? Parce qu’il y avait le N-word dedans et que les présentateurs n’étaient pas noirs. Il fallait toutefois en parler. (Source : Comedy News Weekly Podcast)


Du coup je n’ai toujours pas de réponse claire à vous donner. A titre perso je ne l’utilise que très rarement et uniquement quand j’écris en anglais dans des contextes particuliers (citations ou expressions). Mais bon étant noir, je peux. Déso.

Rédigé par Arzhel

 

Article réalisé grâce à la plateforme LE CLUB d’ALCHIMY.

ALCHIMY

Votre révélateur quotidien d'informations sociétales et culturelles indépendant et participatif.

Your comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *