Les MOOCs vont-ils révolutionner l’éducation ?
BASTIEN BONO 16 janvier 2015

Temps de lecture : 3 minutes

Les MOOCs, Massive Online Open Class (cours en ligne ouvert à tous), sont arrivés il y a quelques années des grandes universités américaines. Plateformes permettant aux adhérents de visionner des cours dispensés par des enseignants, avec supports à l’appui, ils sont en train de révolutionner l’éducation de demain.


 

Les MOOCs, plateformes proposant des vidéos permettant l’enseignement à distance, ont un marché fertile devant eux, avec une génération complètement numérisée qui se lasse de l’enseignement traditionnel, et des entreprises en soif de modernité et aux petits soins avec leurs salariés.

Les MOOCs concernent autant la formation initiale (dans l’enseignement) et continue (dans les entreprises) que la formation ‘‘tout au long de la vie’’ (dans un cadre personnel). Les avantages sont très nombreux par rapport aux cours classiques : pouvant être visionnées n’importe où (à condition d’avoir un appareil de lecture bien entendu, autant de fois que l’on veut, au rythme qui nous convient, les MOOCs nous permettent d’accéder au savoir librement et gratuitement.

Dans les entreprises, les MOOCs connaissent un franc succès, et de nombreuses grandes compagnies, comme Canal + ou Wordline, ont déjà fait le choix de proposer des MOOCs à leurs salariés, leur permettant de se former et de se cultiver simplement.

De plus, les plateformes permettent de recevoir des enseignements portant sur à peu près tout, de l’utilisation de Linux à la géopolitique en Indochine, et de l’œuvre de François Villon au fonctionnement des reins.

 

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— MODÈLE ÉCONOMIQUE
La majorité des MOOCs vivent aujourd’hui grâce aux certifications. En effet, si le début du programme est toujours gratuit, l’évaluation finale, qui donne droit à une certification en cas de réussite est elle payante, et seulement 2% des inscrits atteignent ce seuil, préférant profiter du début du cours gratuitement.

La question de la viabilité, et à terme de la rentabilité, économique d’un tel système est aujourd’hui de mise. Plusieurs options sont envisagées, voir déjà appliquées par les différents acteurs du marché.

La tendance majeure est celle du freemium, principe laissant le contenu de base (les vidéos) gratuit, mais faisant payer toutes les options, comme des exercices pour tester l’assimilation des élèves, du coaching à distance par des professeurs, ou encore des présentations et des e-books des cours en question.

D’autres pensent à la publicité, au sponsoring d’entreprises privés, ou encore à accueillir des vidéos relevant du brand content (contenu de marque), c’est-à-dire produit par des marques et en relation avec leurs activités.

Enfin, la revente de data (données collectées auprès des utilisateurs lors de leur inscription) se popularise, posant des problèmes éthiques.

 

 

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— LES LIMITES
Cependant une vidéo ne peut remplacer un professeur, et l’interactivité est ainsi assez limitée avec la plateforme, laissant l’apprenant un peu livré à lui-même. Les plateformes de e-learning avaient déjà échoué pour cette raison et les MOOCs, ou en tout cas la forme qu’ils présentent actuellement, semblent être atteints du même mal. En effet, comme vu plus haut, seuls 2% des inscrits vont jusqu’à la certification, la partie payante du MOOC, et cela ne s’explique pas seulement par le côté onéreux de la chose.

En effet le MOOC ne permet pas à la majorité des étudiants d’assimiler les savoirs et les concepts aussi bien qu’avec un professeur physique car il n’y a pas d’interactivité possible. On reste de plus le plus souvent sur des cours magistraux de quelques heures, qui ne révolutionnent pas le modèle pédagogique, et qui continuent à être contre-productifs.

On se dirigerait plutôt donc sur un modèle de blended learning (apprentissage hybride) click and mortar, c’est-à-dire à la fois numérique et physique, les MOOCs venant renforcer l’enseignement classique. Ceux-ci ont ainsi tout intérêt à se développer, mais en innovant avec des processus et des outils pédagogiques nouveaux qui lui permettrait de s’affranchir du cours magistral classique.


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Tous les acteurs de l’enseignement ont d’accord pour dire que la pédagogie numérique révolutionne le système éducatif, avec en fer de lance les MOOCs, dont Bill Clinton disait qu’ils allaient sauver l’Université américaine. L’État français a quant à lui lancé sa plateforme de MOOC intégralement libre d’accès et gratuite dans le cadre du programme FUN (France Université Numérique). Espérons que cette nouvelle forme de savoir restera aussi accessible et qu’elle pourra bénéficier à tous…

 

SIGLE NOIR MINI WEB

BASTIEN BONO

Ornithologue spécialiste des condors bantous à bande bleue.

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