Le monde que nous percevons est-il le monde réel ?
Line 3 mai 2016

Temps de lecture : 6 minutes

Cette question peut au premier abord, sembler totalement stupide tellement la réponse semble évidente. Cette table en face de moi est bien en bois et dure, cette pomme est bien rouge et sucrée… Pourtant, les nombreuses avancées scientifiques tendent à nous prouver que la réalité que nous percevons n’est pas la vraie.


 

— QUAND NOTRE CERVEAU NOUS TROMPE
C’est sûr que s’il ne nous facilite pas la tâche celui-là, ça ne va pas nous aider ! En fait si, il fait justement tout pour nous faciliter la tâche (et peut-être pour se la faciliter aussi), mais c’est justement pour ça qu’arrivent les erreurs d’interprétation.

Notre cerveau analyse tout ce qui nous entoure pour ensuite les traiter en informations. Nous n’avons absolument pas conscience de la majorité des informations qu’amasse notre cerveau, c’est un énorme travail qu’il tente d’amoindrir et dont il veut donner un sens, une logique. Cela nous est d’une aide précieuse au quotidien. Par exemple lorsqu’une personne cache son visage avec ses mains, votre cerveau fait le raccourci que le visage de la personne est toujours derrière ses mains et n’a pas disparu du paysage.

Mais ces raccourcis peuvent nous induire en erreur voire déformer la réalité ! C’est d’ailleurs sur ce procédé que se basent les magiciens pour nous embobiner : on pense suivre au maximum la balle des yeux, on est sûr qu’elle est là, mais elle était ici depuis le début. Les illusions d’optique sont l’exemple parfait de notre mauvaise vision de la réalité.

Optical_illusion_greysquares

 

Prenons l’exemple de la célèbre illusion d’optique : l’échiquier d’Adelson (ci-dessus). Vous pouvez remarquer que les cases A et B sont exactement de la même couleur. Pourtant, une fois le quadrillage formé, les deux cases ne semblent pas avoir la même teinte de gris, la case B étant plus claire que la A. Il y a plusieurs explications.

Il y a d’abord le fait que l’ombre assombrit les cases qu’elle affecte. Les cases autour de B sont donc plus foncées et cela a pour conséquence d’éclaircir la case B. En effet, le cerveau ne prend pas l’information seule, mais en fonction de son environnement. Deux cases de la même teinte nous sembleront différentes si l’une est entourée de cases blanches (elle aura l’air plus foncée) et l’autre de cases sombres (elle aura l’air plus claire). Cette tendance est renforcée par le damier car nous connaissons tous le principe de cet objet, il y a une alternance de cases claires et foncées.

Notre cerveau fait donc directement le lien et rend notre vision logique et prévisible en nous faisant croire que nous observons un damier lambda alterné de cases sombres et claires. Le pire, c’est que vous avez beau savoir où se trouve l’erreur, vous ne pourrez la rectifier, elle sera toujours là. Assez perturbant non ? Comment pouvons-nous être sûr alors que nous percevons notre quotidien sans erreur ?

 

Le monde n’est qu’un songe, ses trésors un mirage. Les choses sont irréelles, tout est pure évanescence.
-Bouddha

 

— LA RÉALITÉ EST DÉPENDANTE DE NOTRE VISION
C’est en tout cas ce que confirment les études en mécanique quantique. Cette nouvelle science ne cesse de prouver que le monde microcosme (l’infiniment petit, les cellules, les atomes etc…) a des lois physiques totalement différentes des nôtres inconcevables et incompréhensibles. Pourtant, ce monde microcosme est tout ce qui nous compose depuis notre corps jusqu’à notre système solaire.

L’une des ces lois est la dualité onde-particule. C’est-à-dire que les chercheurs (d’abord Young et Einstein) ont voulu savoir dans quel état se trouvait la lumière. Ils ont découvert qu’elle était à la fois onde et particule ! De Broglie ne voulait pas se limiter à la lumière et poursuivre avec tous les atomes : le résultat est pareil. Mais comment peut-on être onde et particule à la fois ? Les expériences montrent en fait que c’est notre attention qui provoque ce changement d’état d’onde à particule : « l’effondrement de la fonction d’onde ». En fait, la particule se comporte comme une onde jusqu’à qu’elle soit observée/mesurée ; elle devient alors une particule en un point donné se trouvant en un point précis.

Imaginez si cette loi physique marchait dans notre monde macrocosme (l’infiniment grand). Vous êtes chez vous, dans votre salon vous pouvez poser votre verre sur la table, regarder la télévision, vous allonger sur le canapé etc… Une fois sorti de la pièce, vous ne pouvez observer ce qu’il s’y passe. Si l’on en croit cette loi, il se pourrait que tout votre salon soit totalement différent et ne soit que des accumulations d’ondes. Une pensée dérangeante (comme la plupart des expériences en physique quantique) qui n’a bien entendu pas été prouvée au niveau macrocosme et qui rebute une grande partie des scientifiques à commencer par Einstein lui-même.

J’aime penser que la lune est là même si je ne la regarde pas
– Einstein

 

— IL EST FORT POSSIBLE QUE NOUS AYONS UNE VISION INDIRECTE DE LA RÉALITÉ
En reprenant l’idée de Stephen Hawking, imaginez un poisson dans un bocal observant le monde extérieur. Par rapport à notre vision des choses, sa réalité serait totalement déformée. Pourtant, cela n’empêcherait pas qu’il y ait une logique à tout ça : malgré qu’elles soient bien plus complexes, il pourrait trouver des équations au fonctionnement du monde, voire un quotidien logique avec du sens…

Mais il ne verrait la réalité qu’indirectement, à travers son bocal, sans jamais le savoir. Comme il n’a jamais vu autre chose, il ne peut pas savoir  ce qu’il y a d’autre. De même pour un animal voyant en noir et blanc, il ne peut imaginer un monde rempli de couleurs. Pour nous, c’est un peu la même chose. Comme la Caverne de Platon où deux personnes sont contraintes de voir seulement les ombres de la vie extérieure se reflétant sur les parois de la caverne, au final elles pensent voir la réalité alors qu’elle se trouve juste derrière eux.

C’est notamment le cas pour notre vision des couleurs. Lorsque nous voyions une pomme rouge par exemple, il nous semble évident que cette pomme est vraiment rouge. Or, la couleur n’est en fait que le résultat de la lumière réfléchie sur notre vision, la couleur n’est donc pas une propriété du fruit, c’est notre cerveau qui l’associe ainsi. De même, chacun est en quelque sorte enfermé dans sa « caverne » aussi, car chacun a sa vision de la réalité en fonction de la formation de son cerveau, de ses ressentis, de son vécu et de sa culture. Qui n’a jamais eu de débat sur la couleur d’un objet, d’affirmer qu’il est bien vert et non bleu ?

 

robe

 

Chacun est persuadé d’avoir raison, mais les deux peuvent avoir raison. Il suffit qu’il y en ait un qui regarde l’objet avec un angle et une lumière différente pour avoir une nuance différente. De plus, chacun a sa vision propre des couleurs, l’exemple le plus flagrant est bien sur les daltoniens, vous pouvez voir votre objet vert tandis que votre ami le verra bleu (à quelques nuances près). On en revient au fameux débat de la robe : La voyez-vous blanche et dorée ou bleue et noire ? Et est-ce-que quelqu’un la voit comme moi, bleue et dorée ? Parce que depuis le début de ce débat interminable j’ai l’impression d’être une des seules #aloneforever. Bref, l’explication viendrait là également de la manière dont vous percevez la lumière et si vous imaginez la photo en intérieure ou extérieure. Malgré le fait que je connaisse l’explication j’ai quand même du mal à la voir blanche…

 


Les théories ne cessent de s’accumuler sur l’existence d’une réalité beaucoup moins évidente que l’on pourrait croire. En tout cas, il est certain que l’idée qu’il « faut voir quelque chose pour le croire » et inversement, perdra petit à petit son sens. 

Line

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