La migration dans l’histoire des religions
Barbara 2 mai 2016

Temps de lecture : 4 minutes

Le Pape François a pris à cœur le sujet de la migration. Lors de son message à l’occasion de la centième journée mondiale des migrants et des réfugiés le 19 janvier 2014, il a dit  » Jésus, Marie et Joseph ont fait l’expérience de ce que signifie laisser sa propre terre et être migrants : menacés par la soif de pouvoir d’Hérode, ils ont été contraints de fuir et de se réfugier en Égypte ».


 

Dès les premiers chapitres de la Bible, il est question de migration. En effet, Adam et Ève eurent deux fils : Abel et Caïn. Caïn tua Abel, et Dieu lui fit savoir sa punition pour ce fratricide : Tu seras errant et vagabond sur la terre.

 

— VA VERS TOI-MÊME
Il y eut une famine dans le pays. Abraham parcourut les routes de Chaldée jusqu’à Haran, puis de Haran jusqu’au pays de Canaan, puis en Égypte. Sous les ordres de Dieu qui lui dit : Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Il emmène sa femme Sarah, les gens de sa maison, et emporte ses biens.

La seconde femme d’Abraham, Agar, fut-elle aussi obligée de fuir. Alors Saraï la maltraita; et Agar s’enfuit loin d’elle. La tradition musulmane reprend également cet épisode. Lors de sa fuite, Agar vint à manquer d’eau, et Ismaël, qui était encore bébé, commença à agoniser. Agar erra dans le désert afin d’en trouver. Elle escalada les deux montagnes voisines à plusieurs reprises dans le but de rechercher une personne susceptible de l’aider. Après qu’elle eut effectué ce parcours sept fois, une source miraculeuse, dont l’eau jaillit abondamment de la terre, apparut aux pieds de son bébé. Cette source, qui fut appelée le puits de Zamzam, est située à quelques mètres de la Kaaba dans la grande mosquée de la Mecque. Ce périple qu’Agar dut endurer est reproduit chaque année par les pèlerins musulmans lors du pèlerinage à La Mecque au cours d’une journée spécifique.

D’ailleurs, la migration est au centre du dogme musulman : le début du calendrier de l’Islam est appelé « Hégire », de l’arabe hijra, qui signifie « exil » . L’Hégire marque le début de l’ère islamique. Cet évènement est un épisode essentiel de la biographie du prophète Muhammad, puisqu’il correspond à son émigration et à celle de ses premiers adeptes, qui abandonnèrent La Mecque, ville natale de Muhammad, pour s’installer dans l’oasis de Yathrib (l’ancien nom de Médine) à environ 400 km au nord. Cette période est située en l’an 622 de notre ère.

 

Migration des hébreux
Trajet des migrants hébreux

 

—  LA MIGRATION SOUS LE SIGNE DU NOMBRE 40
Dieu commande à Noé de construire une arche en bois, d’y aménager des cellules, puis il lui ordonne de monter à bord de l’arche en compagnie de son épouse, de ses fils, d’un couple d’animaux de chaque espèce, et d’assez de vivres pour les nourrir tous. Noé fait ce que Dieu lui a commandé. Sept jours plus tard, les eaux du déluge s’abattent sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux soulèvent l’arche et submergent tout, tuant les créatures restées sur terre.

Quarante jours, c’est également le nombre de jours associé à l’histoire de Moïse, et par conséquent, le temps de migration des hébreux dans le désert. Cette histoire est racontée dans la Bible à plusieurs reprises et le Coran confirme ce temps de migration : « Le Seigneur répondit : « Cette terre leur sera interdite pour quarante ans aux fils d’Israël. Et durant tout ce temps, ils erreront sur terre. » (Sourate 5, Verset 26).

Quarante, pour les quarante jours de la marche d’Élie vers le mont Horeb. Le prophète Elie, menacé de se faire égorger, fuit vers une caverne sur le mont, où il fera l’expérience de la rencontre de Dieu.

Et enfin, quarante, pour les quarante jours de Jésus au désert avant le commencement de son ministère : Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et après qu’ils furent écoulés, il eut faim.

 

 

A l’image de ces histoires, les Hommes fuient. Ils fuient la famine, le danger, la mort. Ils aspirent à une nouvelle terre, à rencontrer de plus belles choses, jusqu’à l’ultime consécration pour certains : rencontrer Dieu.

Si l’histoire des religions ramène à plusieurs cas de migration, nous pouvons nous apercevoir que toutes les religions sont touchées, avec un grand nombre de prophètes. Aujourd’hui, tous les continents sont concernés par le double mouvement d’immigration et d’émigration, amenant les Hommes à se questionner. À l’image d’Abraham qui fuit la famine, de Elie qui fuit la mort, de Moïse qui marche vers la terre promise. Les migrants d’aujourd’hui n’hésitent pas, à l’image de Noé, à monter dans une barque, et fuir dans l’espoir d’un monde meilleur.

 


N’oubliez pas l’hospitalité ; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. Hébreux 13-2

Barbara

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