La paix au Proche-Orient grâce à l’app Verona ?
baptiste 25 mai 2015

Temps de lecture : 3 minutes

« La paix dans le monde, un profil à la fois. » C’est le slogan de Verona, une nouvelle application de rencontre ayant pour ambition de résoudre, grâce à l’amour, le conflit Israëlo-Palestinien.


 

A première vue, on se dit que c’est tout simplement une copie conforme du très célèbre Tinder. Un switch vers la gauche : « t’es moche »; un swith vers la droite : « t’es bonne ». Mais c’est se tromper, car Verona n’a pas pour objectif de vous faire faire  la paix avec votre libido mais bel est bien de résoudre un conflit mondial.

Le principe est simple : la première fois qu’un mobinaute ouvre son application, il se connecte d’abord avec Facebook, comme beaucoup d’autres applications. Puis, il indique s’il est Israélien ou Palestinien. Il n’y a pas pour l’instant, aucune vérification particulière, les concepteurs de Verona comptent sur la bonne foi des utilisateurs. Le nouvel inscrit doit ensuite choisir son “hobby principal” et se voit alors présenter un catalogue de photos de personnes du sexe et du camp opposés qui se trouvent à proximité.

En effet, Verona proposera à ceux qui s’identifient comme Israéliens d’interagir avec des Palestiniens, et vice-versa. Comme dans Tinder, un simple balayage sur l’écran vers la gauche ou la droite permet d’éliminer ou de garder un profil. Deux personnes qui se sont mutuellement “appréciées” peuvent ensuite discuter en direct d’amour, de sexe ou de comment faire mieux que Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas pour résoudre le conflit au Proche-Orient.

 

capture verona 2

 

—EST CE QUE VERONA PEUT CONTRIBUER À LA PAIX DANS LE MONDE ?
Eh oui ! Alors que Mahmoud Abbas multiplie les actions diplomatiques, Matthew Nolan le développeur américain à l’origine de l’application  à voulu dire à sa manière : faites l’amour pas la guerre.

A l’origine de cette application, une romance amoureuse : « Je discutais avec un ami palestinien, qui a une nouvelle petite amie israélienne », raconte Matthew Nolan à Refinery29. « Nous plaisantions à propos d’un site spécialisé dans les rencontres entre Juifs. Je me suis dit qu’il fallait peut-être qu’on propose la même chose pour les Juifs et les Palestiniens. »

Même si on lit sur le site internet de Verona : “Est-ce que Verona peut contribuer à la paix dans le monde ? Hey, tout est possible !”, Matthew Nolan est conscient que sa simple application ne peut pas résoudre ce conflit vieux de 80 ans, mais compte bien y contribuer. La base de n’importe quelle relation, c’est la communication », assure Matthew Nolan. « Donc si ces deux cultures sont obligées d’être séparées avec ce conflit, créer des relations entre elles pourrait être, espérons-le, le point de départ d’une prise de conscience. »

 

— IRRÉALISME SOCIAL 2.0 ?
L’ambition de Verona est partagée. Thomas Zeitzoff, chercheur américain spécialisé dans les violences en temps de conflit s’explique : “Dans les années 80, beaucoup de Palestiniens travaillaient en Israël et il y avait donc bien plus d’interactions quotidiennes qu’aujourd’hui et si cette application rencontre un vrai succès, cela permettrait d’indiquer aux décideurs qu’il y a, sur place, une réelle volonté de se parler pour se comprendre”

Cependant, dès son lancement, cette application a dû faire face à des obstacles. Pour l’instant, la majorité des personnes l’ayant téléchargée se trouvent aux Etats-Unis. De plus, comme l’ont constaté l’Obs et France TV, la page de l’application sur Google Store a été envahie de commentaires racistes et antisémites, et notée par la pire note possible par ces mêmes internautes. L’application a donc été tirée dans les profondeurs des classements et est donc presque impossible à découvrir par hasard.

 


L’application portant le nom de la ville des plus célèbres amoureux, Roméo et Juliette, rejoint donc les différentes initiatives originales (notamment les œuvres de Bansky), qui en se multipliant pourrait peut être un jour permettre de résoudre cet interminable conflit.

 

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