Une histoire de remise en question
baptiste 31 octobre 2017

Temps de lecture : 7 minutes

Google et la quantique, ou comment trois secondes d’une publicité pour smartphone nous renvoient à des questions existentielles des plus profondes. 


 

Google a encore fait couler de l’encre, et cette fois-ci, pour une simple histoire de point d’interrogation. Dans sa dernière campagne pour le Pixel 2, son dernier smartphone, Google nous dit : « When you change a period to a question mark, It changes everything. » Puis, le point final se change en point d’interrogation : « It changes everything? ». (Difficile de décrire, regardez par vous-même).

 

 

Ainsi, dans cette campagne, Google tente de nous expliquer sa position de société bâtie sur des questions voire des remises en questions. Remises en questions qui touchent notamment les conventions délimitant les caractéristiques d’un smartphone. Résultat, Google brise ces conventions, et nous présente le fabuleux Pixel 2. Ok, argumentaire assez logique jusqu’ici. Mais c’est la première déclaration de la publicité qui vient nous titiller  : « The Earth is flat. / The Earth is flat?”.

Une question qui devient encore moins bénigne lorsque l’on sait que jusqu’en Mars dernier, Google déclarait que la terre était plate ou du moins son assistant vocal le faisait. Lorsqu’on demandait à sa Google Home si la terre était plate, la réponse était celle-ci : “According to Metro, our planet isn’t a sphere, but instead a sort of pancake thing.” Et c’est de là que vient la polémique outre-Atlantique. Quelle est la légitimité de Google que de se poser des questions existentielles de ce type quand son outil lui-même est simplement capable de répondre que la terre est une « sorte de crêpe ». Le média en ligne The Outline, a recensé ainsi les « dumbest questions » à poser à Google.

 

— LA QUANTIQUE C’EST PAS QUE SCIENTIFIQUE

Plus que la « polémique » en elle-même essayons d’aller plus loin et de s’intéresser à cette histoire de Terre Plate. Les physiciens d’aujourd’hui élaborent des théories ou même réalisent des expériences qui plongent au plus profond de l’être. Ils remettent en cause l’existence de la matière, telle du moins qu’on l’imagine couramment. Certaines études récentes tendent même à remettre en question le fait que l’univers soit en volume, on en reviendrait donc à une Terre plate.

Ces opinions sont certes minoritaires, mais leurs existences mettent en évidence le chamboulement et le total désordre que la physique moderne, autrement dit la physique quantique, a mis dans la science. Et oui, car il s’agit de physique quantique, et malgré le fait que l’évocation même de son nom en rebute plus d’un. L’un des fondateurs de cette physique, Richard Feynman, ayant lui-même déclaré : « Je crois pouvoir affirmer que personne ne comprend vraiment la physique quantique. » Je vais essayer, très humblement, et grâce à une expérience célèbre de vous montrer non pas que la terre est plate, mais que la physique quantique, a elle, réellement remise en question les conventions.  Des répercussions se faisant ressentir, non pas uniquement dans le domaine de la science, mais dans tous les domaines, jusqu’à la philosophie.

 

— UNE PLAQUE & DEUX TROUS 

Les fentes de Young (ou interférences de Young) désignent en physique une expérience qui consiste à faire interférer deux faisceaux de lumière issus d’une même source, en les faisant passer par deux fentes percées dans un plan opaque pour ensuite observer sur un écran disposé en face de ce plan les motifs de diffraction.

modèle des fentes de young
Modèle des fentes de Young

Alors là si vous suivez toujours vous allez me dire : me parler de physique moderne et prendre pour exemple une expérience de 1801, ce n’est pas un peu bizarre ? Je rétorquerai dans un premier temps, que je suis heureux que vous continuiez à me lire, et puis dans un second temps que vous avez raison. Les fentes de Young ont été inventées avant la physique quantique, mais par la suite elles ont été affinées, notamment faisant en sorte que la source (le laser) émette un quantum à la fois. Pour rappel, selon notre outil collaboratif préféré, en physique, quantum représente la plus petite mesure indivisible, que ce soit celle de l’énergie, de la quantité de mouvement ou de la masse.

Ainsi, on peut à l’heure actuelle émettre des photons ou des électrons un par un. De la même manière que dans l’expérience de Young, ceux-ci sont détectés sur l’écran placé derrière les fentes de Young, pour pouvoir alors observer leur impacts et la forme qu’ils constituent. Vous en conviendrez, si vous lancez des balles une à une à travers les fentes d’un mur, les impacts sur le mur suivant se trouveront dans l’alignement des deux fentes du premier mur (1). Or, quand on envoie un quantum, c’est-à-dire une toute petite masse (une micro bille si vous voulez), le résultat est tout autre. Les impacts forment petit à petit ce qu’on appelle la figure d’interférence. (2) C’est comme si, le quantum passait par les deux fentes à la fois, et qu’il interférerait avec lui-même comme le fait une onde. C’est tout simplement hallucinant.

 

figure d'interférence young

 

À l’heure actuelle, des développements sur le sujet permettent de réaliser des expériences très similaires sur des objets de plus en plus volumineux, comme les atomes ou les molécules. Ces expériences démontrent que la vision purement corpusculaire de la matière n’est pas satisfaisante avec des objets de plus en plus gros. Cela remet en question toute notre vison de la matière. Aujourd’hui on ne connait pas encore la limite à partir de laquelle les sujets envoyés ne se comportent pas comme un corps classique.

Pour vous aider à bien comprendre, je vous propose de regarder cette petite vidéo du Docteur justement nommé Quantum. Alors ok, ce n’est pas super sexy, mais cela résume l’expérience dans sa globalité et souligne la deuxième conclusion de ces expérimentations qui est encore plus perturbante.

 

 

— SCIENCE SANS CONSCIENCE…

Comme évoqué dans la vidéo, si on lance un à un des quantums à travers les fentes de Young, mais que cette fois-ci on ajoute devant les deux fentes un observateur pour voir ou passe exactement le quantum, dans ce cas le résultat est modifié et le quantum se comporte comme un corps. On ne retrouve plus une figure d’inférence, mais des impacts dans l’alignement des fentes, comme le font les billes. Comme si le quantum, savait que l’on l’observait et modifiait alors son comportement. C’est donc bien à la notion de conscience que nous renvoie cette expérience.

Il est vrai comme le disait Étienne Klein, philosophe des sciences français, nous humain nous réagissons de manière différente si on est observé. Si vous mettez devant un feu rouge, sans observateur la majorité des personnes vont se curer le nez allègrement. Si vous mettez un observateur, le résultat de votre expérience en sera totalement changé, le pourcentage redescendra surement à 4 ou 5 pour cent qui comprennent les gens qui n’en ont complètement rien à faire, et les aveugles, qui sont d’ailleurs très peu à conduire.

Cette preuve de l’influence de la conscience résonna comme un coup de tonnerre. Il est intéressant de voir comment les scientifiques ont tenté de la représenter. Une grande partie considère la conscience comme un flux d’énergie que chaque individu porte en lui, avec une fluctuation d’ondes positives et négatives.

 

résultat études masuro emoto

 

Ces ondes se dégagent autour de nous. On estime que le cœur humain dégage des ondes sur un périmètre d’environ 1,5 mètres de circonférence. Cette énergie exerce une influence sur les éléments qui l’entoure. Le Docteur Masaru Emoto a réalisé une série d’expériences afin de mettre en lumière cette influence. L’une des plus célèbres (mais toujours remise en question scientifiquement) est celle du message de l’eau. Elle consiste à remplir deux bouteilles d’eau du robinet, les refermer, et inscrire sur l’une un message positif comme Merci, et sur l’autre un message négatif comme Je vais te tuer. Ensuite un groupe de personne se réunit autour d’une bouteille puis la suivante, en projetant tantôt des pensées positives sur la bouteille ou figure Merci, puis des pensées négatives sur la seconde bouteille. Les deux bouteilles sont ensuite placées dans un environnement très froid, pour que l’eau cristallise. La bouteille où est inscrit «Merci» crée des cristaux parfaitement construits, symétriques. Alors que la deuxième ou est écrit «Je vais te tuer» crée des cristaux aux formes chaotiques, désordonnés. 

 


Ces deux expériences sont des exemples isolés et ne peuvent réduire la quantique à ces deux résultats. Elles permettent simplement de comprendre l’intérêt d’une telle discipline. Car l’une des leçons que l’on peut tirer de la mécanique quantique est d’accepter la multiplicité des interprétations.

Accepter de quitter le fauteuil de nos certitudes et de peut-être renoncer à une connaissance absolue, cherchant à dominer à la fois le monde, mais aussi la pensée de nos semblables. C’est une invitation à l’humilité et à l’acceptation de la perplexité du monde qui nous entoure et qui nous constitue.

Article réalisé avec la collaboration de Thomas Le Provost.

Lire aussi : Le monde que nous percevons est-il le monde réel ? 

 

 

baptiste

Your comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *