Faut-il croire les classements SMBG ?
LÉO 4 novembre 2014

Temps de lecture : 5 minutes

Les étudiants sont très impliqués dans leurs choix d’étude. Beaucoup d’entre eux portent leurs regards sur les différents classements et en sont relativement influencés. Les écoles qui veulent attirer les meilleurs candidats, doivent donc figurer en bonne position et à la place « qu’elles méritent » dans ces classements. Comment SMBG a su se placer dans la relation étudiant-école ? Sur quoi sont basés ces classements ? Est-ce qu’il faut croire les classements SMBG ?


 

Né en 1994, SMBG prend en 2007 une dimension internationale en devenant SMBG-Eduniversal. En 2013, ce dernier devient un groupe en fusionnant avec l’agence de communication Noir sur Blanc, spécialisée dans la communication des organismes de formation. Le groupe est aujourd’hui le leader mondial de la notation de programmes d’éducation supérieure et réunit de nombreux sites comme : meilleurs-masters, meilleurs-licences, meilleures-grandes-écoles, salons des meilleurs formations, best masters, objectifstages, eduniversal-hr. Elle fait aussi dans la conception et édition de guides d’informations spécialisés, dans le conseil en ingénierie de formation, le conseil en orientation, le conseil en recrutement, et la gestion et location de bases de données hyper qualifiées…

 

— COMMENT LES CLASSEMENTS SMBG SONT-ILS FAITS ?
La méthodologie de notation des différentes formations est constituée de 3 critères :
– Le premier critère est la notoriété de la formation (les classements ne notent pas des établissements mais les formations). Pour effectuer cette notation, le cabinet envoie 1 000 questionnaires auprès de responsables de ressources humaines et campus manager (chargés des relations écoles-entreprises) avec pour but de répondre à la question suivante : Dans chacune des spécialités suivantes (Banque-Finance, Marketing, Droit des Affaires, etc.) quelles sont les 3 formations (universitaires ou d’écoles) de niveau Bac +5 / Bac +6 que vous plébiscitez ? (pour la notation des masters dans ce cas). L’étude enregistre généralement un taux de participation de 12 %, selon SMBG. L’évaluation de la notoriété des formations est donc déterminée grâce aux jugements de 120 personnes, ce qui n’est pas représentatif de l’ensemble des entreprises en France et à l’international.

 

– Le second critère de notation est basé sur le salaire de sortie. Certaines écoles peu transparentes ont tendance à gonfler ces résultats. Quand SMBG s’en aperçoit, des points de malus sont distribués. Par ailleurs l’entreprise peut vérifier les informations fournies par les écoles. En effet, le cabinet  « envisage lors des enquêtes à venir, d’opérer un contrôle des données salariales fournies par les écoles et universités en interrogeant les étudiants de la promotion N-1 ». À l’heure actuelle, la réalité des informations concernant le salaire à la sortie des étudiants dépend de la transparence des écoles et de la volonté de SMBG à les contrôler.

 

– Le troisième critère correspond au retour de satisfaction des étudiants. Pour cela, SMBG envoie un questionnaire aux listes étudiantes que les établissements lui ont précédemment adressé. Pour qu’une étude ou un sondage soit réellement représentatif de la population, il faut que celui-ci, selon la taille de la population étudiée, évalue la taille de l’échantillon (ce qui correspond au nombre de personnes à interroger pour disposer d’une information représentative de l’ensemble de la population). Il faut souvent par la suite choisir les personnes à interroger (taille de l’échantillon) au hasard dans la population totale.

 

 

Dans notre cas, réponds qui veut, et donc cela ne représente pas la réalité. Par exemple, dans ce critère retour de satisfaction des étudiants, nous avons pour première question : êtes-vous globalement satisfait de votre formation ? Cette question représente 25% de la notation de ce critère. On ne sait pas qui sont les étudiants ayant répondu, ce peut être que les étudiants extrêmement satisfaits… mais nous savons que le taux de réponse des étudiants lors de l’enquête 2013 était de 50,97 %. Dans tous les cas ce n’est pas représentatif, cela ne correspond pas à la situation réelle.

S’il n’est pas possible d’interroger les étudiants, une note moyenne sur ce critère est attribuée au programme. Si une formation ne répond pas à l’enquête, celle-ci peut malgré tout être classée par l’agence Eduniversal. En effet, sa notoriété est évaluée par les entreprises ; les salaires et débouchés font alors l’objet d’une enquête réalisée par les consultants de l’agence Eduniversal.

Le groupe SMBG ne respecte pas les règles de représentativité des sondages. Quand l’entreprise n’a pas de réponses, celle-ci fait appel a ses propres consultants, sur lesquels il est impossible d’obtenir des informations. L’entreprise ne fait pas de démarche pour prouver sa transparence (en transmettant par exemple les marges d’erreur…). Il nous est donc impossible de juger de la différence entre la réalité et les informations présentées. La méthodologie ne permet pas d’obtenir une information techniquement juste. Ce fossé et cette obscurité sont très inquiétants au vue de l’influence de ces classements.

 

 — UNE ENTREPRISE DÉCRIÉE
En effet, le groupe est soupçonné de faire payer les organismes de formation pour augmenter leurs places dans les rangs des classements. Sur Internet, dans son guide, lors de ses salons, les écoles peuvent acheter des espaces de publicités. Certains pensent qu’il faudrait que les écoles payent pour ces publicités pour être par la suite mieux évaluées dans les classements. Cet avis est partagé par Patrick Fauconnier dans cet article. Il nous apprend que certaines écoles comme l’INSEEC avoue consacrer 100 000 euros par an à SMBG.

Patrick Fauconnier est journaliste chez le Nouvel Observateur, mais il est surtout le fondateur de Challenge, qui est lui aussi connu pour réaliser des classements concernant surtout les écoles de commerces.  Rivalité concurrentielle ou réalité ?

Il faut aussi noter que SMBG propose ses expertises dans la gestion et la location de bases de données hyper qualifiées. En d’autres termes, nous pouvons supposer que les informations fournies par les écoles pour l’envoi des questionnaires de retour étudiants soient revendues. Le groupe est une véritable entreprise, dont le but premier ne semble pas de fournir des informations fiables.

 


Dans tous les cas, il nous est impossible d’obtenir des réponses à toutes nos questions, nous pouvons cependant constater les très bons résultats financiers du groupe ainsi que son expansion fulgurante à l’international. Fondé en 1994 en France, il est aujourd’hui présent dans 154 pays. Le groupe SMBG-Eduniversal est coté en bourse et aurait un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros. Certains spécialistes proposent de ne pas lire les classements du tout, comme dans cette vidéo, ou de se référer à des classements types SIGEM.

 

SIGLE-NOIR-MINI-WEB

LÉO

Il a toujours rêvé d'avoir un chat, mais il est allergique aux poils de chat

2 Comments

  1. Bonjour Leo,
    je souhaite pouvoir vous contacter pour vous décrire, de mon point de vue, pourquoi et comment la société EDUNIVERSAL, CLASSEMENT SMBG diffuse certains classements complétement mensongers.

  2. Bonjour, je vous confirme que notre établissement a été victime de chantage de la part de SMBG EDUNIVERSAL. Si nous ne passions pas à la caisse, nous descendions dans les classements. Les pratiques de cette entreprise relève d’un système mafieux.

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