« La musique c’est infini » : entretien avec Cléa Vincent
baptiste 16 mai 2016

Temps de lecture : 4 minutes

Quand des mélodies aussi envoutantes que légères rencontrent des textes à la fois sincères et spontanées. Entretien avec Cléa Vincent, jeune chanteuse, pianiste et compositrice, ayant ce je ne sais pas quoi qui vous charme au premier regard et déjà présentée comme une égérie électro pop par le journal Le Monde.


 

ALCHIMY : Tout d’abord, définissons ensemble ce qu’est « Cléa Vincent ». À première vue on s’imagine qu’il s’agit de ton simple pseudonyme. Mais lors de vos concerts, la synergie est totale entre vous.
Alors Cléa, c’est qui ou plutôt c’est quoi ?
CLEA VINCENT : Au tout début il y a 6 ans, je tournais en solo, piano-voix. Puis peu à peu j’ai fais entrer des musiciens dans la formation. Tout d’abord Raph Thyss à la trompette et au clavier, puis Raph Léger à La batterie électronique et enfin Baptiste Dosdat à la basse. Aujourd’hui ce sont plus que des musiciens qui accompagnent une chanteuse. On a tellement joué ensemble qu’on est devenu un groupe. On a appris à jouer ensemble. Notre son sur scène est celui d’un groupe. Par contre je compose uniquement avec Raphaël Léger. Mais les autres composent de leur côté aussi donc il n’est pas exclu qu’un jour on chante une chanson écrite par Baptiste ou Rafyton.

 

A : Comment êtes-vous arrivés là, comment s’est développé cet amour pour la musique ?
C : J’ai commencé le piano à 5 ans au conservatoire de Bourg-La-Reine. Et je n’ai jamais cessé depuis de prendre des cours. La musique c’est infini. Il y a toujours des choses à apprendre. Aujourd’hui je suis des cours de piano avec Francis Demange un jazz man de très haut niveau et rien qu’en jazz, c’est monstrueux tout ce qu’on peut faire ! J’apprends aussi beaucoup l’improvisation au contact de l’artiste Kim avec qui j’ai des side projects. Kim c’est une école à lui tout seul.

Pour ce qui est de la composition, je fais de la pop parce que c’est ce que je sais faire de mieux. Des accords simples et une mélodie catchy. Donc rien à voir avec le jazz. Le jazz est une base. Un peu comme une palette de couleur. Je n’utilise pour la pop, que les couleurs primaires de la palette. Mais c’est ce que j’aime fabriquer comme matière. Et les paroles, sont vraiment inspirées de mes émotions.

 

 

 

A : Quel est votre processus de création pour arriver à des chansons si singulières, à la fois douces et dansantes ?
C : Je m’inspire de mes émotions pour écrire les textes. J’en jette des tonnes tous les jours et une fois de temps en temps, y’en a un qui me convient, mais c’est vraiment rare. Et puis en parallèle je compose des suites d’accords au piano. Quand j’en suis contente, je les enregistre dans mon logiciel, je rajoute une petite batterie. Puis je prends un des textes que j’aime et j’essaye d’en faire une chanson. Ça ne marche pas à tous les coups. 1 fois sur 100 t’as un truc que tu gardes. Une chanson c’est avant tout beaucoup d’essais ratés !

 

A : Dans tes interviews, Cléa, tu cites souvent France Gall et Véronique Samson comme inspirations, peux-tu nous expliquer ?
C : Oui j’aime le groove de ces deux chanteuses. Et j’aime aussi leur indépendance. A l’époque, elles devaient passer pour de sacrées salopes… Dans les années 60, les femmes étaient vraiment au service des hommes, il ne faut pas l’oublier. Et elles, c’était l’inverse.

 

 

A : On vous a vu trainer avec LENPARROT lors d’un évènement au Manoir Procé à Nantes, peut-on imaginer une collaboration un jour ?
C : On a fait un duo déjà sur un de ses morceaux. (Malheureusement, introuvables sur la toile) J’adore ce mec !!

 

A : D’ailleurs on voit de plus en plus votre nom sur les programmations d’évènements provinciaux. Vous êtes même venus vous perde au cœur de la Bretagne lors de la soirée très privée du dimanche au festival Panoramas. Alors, réelle volonté ou simples opportunités  ?
C : Franchement, jouer en dehors de Paris ça fait vraiment du bien. On est toujours accueillis comme des princes. On rencontre des gens adorables. On passe des supers soirées. Entre Nantes et Morlaix franchement, on s’est bien amusés !!! Et puis on cherche à diffuser au maximum notre musique, on sait que tout ne se passe pas à Paris, beaucoup d’oreilles sont ailleurs !! Heureusement d’ailleurs !!!

 

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A : Quelles sont vos prochaines actualités et où aurons-nous la chance de vous voir ?
C : Je joue le 19 et 20 mai au café de la danse. Le 15 juillet à la Rochelle aux Francofolies. Tout le mois de juillet au Trois Baudets, 20 fois en tout. Dans un spectacle qui s’appelle Garçons 2. Ce ne sont que des reprises de chansons françaises de 1950 à 1970. Nous sommes trois chanteuses dans le spectacle, Zaza Fournier, Carmen Maria Vega et moi. Et sinon en août : je vais jouer à Bordeaux le 18, accompagnée par les Cocktail Bananas, à Arcachon le 17 (TBC), au festival de jazz de Bandol le 20 août et près d’Aurillac (Festival Le Diamant Vert) le 26 ou 27 août. Mon album va sortir le 7 octobre ! Donc y’aura plein de dates à la rentrée aussi.

 

A : Pour finir, ALCHIMY est un blog dédié à la génération Y, un petit mot à glisser à la jeunesse ?
C : Ce que je trouve absolument fantastique pour nous, c’est qu’on a accès à toute la musique qu’on veut, à toute l’information, à des docus de ouf dans tous les sens, à des films, à des séries… Ce que je trouve un peu plus compliqué à faire, c’est de garder un axe et une concentration au milieu du bordel d’Internet. Donc, je préconise de se couper une fois de temps en temps de tout ça, d’écouter des vinyles, de lire des bouquins, de partir en tournée… Ne serait-ce que pour reposer ses yeux !

 

baptiste

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