Écologie : retour en arrière ou fuite en avant ?
TANGUY 27 avril 2016

Temps de lecture : 4 minutes

J’ai souvent eu l’occasion de croiser des personnes qui se revendiquaient écologistes, qui mangeaient bio, commandaient leurs légumes dans des AMAP et rêvaient d’avoir leur maison autonome à la campagne. Mais dans le monde actuel mondialisé, est-ce vraiment la meilleure solution ?


 

La population mondiale augmente de plus en plus et les prochaines grandes crises seront celles concernant l’eau, les réfugiés climatiques et la famine. 10 milliards d’êtres humains à nourrir et à loger, c’est un énorme défi qui s’annonce.

Pour commencer, il parait évident que la surconsommation (qui entraîne forcément la surexploitation), la surpêche (et tout ce qui commence par « sur-… ») ne sont pas l’idée du siècle pour défendre la planète. Il existe énormément de personnes qui travaillent dans le domaine des nouvelles technologies non polluantes et qui cherchent à les développer. À moins d’êtres peu coûteuses, elles rencontrent rarement un franc succès, à l’image de Fairphone qui peine à s’imposer (ses ventes ont été qualifiées de succès par ses créateurs, malheureusement il est difficile de comparer les 60 000 ventes de ce dernier à l’iPhone 6 et ses 13 millions de ventes).

 

"Vie sauvage" de Cédric Kahn
Vie sauvage de Cédric Kahn

Notre monde est aujourd’hui très marqué par la communication. Ceux qui tentent un retour en arrière dans leurs modes de consommation ont tendance à se méfier de tout ce qui vient de la société et rejettent donc parfois toutes formes de communication dites modernes. Or, s’ils veulent se faire entendre, ce n’est pas en collant des affiches pour de petits festivals prônant la décroissance qu’ils arriveront à attirer le plus grand nombre. Car pour qu’une réelle pensée écologiste puisse percer, il faut qu’elle soit partagée par le plus grand nombre. Mais peut-être que ces alternatives ne peuvent-elles marcher qu’à petite échelle et sont impensables pour un nombre trop important de participants.

 

— UNE PENSÉE EN PANNE
La pensée écologique est en panne en France. Avec le récent divorce entre les différents membres d’Europe Écologie Les Verts, qui ont préféré rejoindre le gouvernement, ou encore la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, qui donne des permis de polluer aux entreprises. Se mettre au vert n’a vraiment pas la cote en ce moment et ce n’est pas en accentuant le clivage et en tombant souvent dans la caricature que les choses iront en s’améliorant. Il est nécessaire de redonner des couleurs à la défense de la nature et cela passera par la technologie.

 

Les serveurs informatiques US utilisent 1.5% de l’énergie globale.

 

Je pense qu’il est impossible de renoncer à tout le confort que nous avons pu obtenir à travers les siècles et malgré qu’Internet pollue énormément, je serai le premier à avoir du mal à m’en passer. C’est pour ça qu’au lieu de penser la solution par un retour en arrière, il peut sembler plus judicieux de tenter une fuite en avant par les technologies. Trouver des alternatives aux énergies fossiles (éviter de rouler dans de vieilles 106 diesel), adapter notre alimentation (je ne dis pas par-là être végétarien, loin de là, mais diminuer la part de viande en évitant les viandes industrielles pré-cuisinées, qui sont un désastre pour l’environnement et la santé) et se déplacer autrement. La production d’électricité va devoir trouver également des alternatives. Aux USA, les serveurs informatiques qui servent à stocker les données numériques utilisent à eux seuls 1,5% de l’énergie globale, Google en tête avec son demi-million de serveurs.

 

 

— LES VACCINS
La pensée « retour aux sources » a des effets qui ne sont pas uniquement bons. En effet, beaucoup s’entendent à dire aujourd’hui que technologie/marque = mauvais pour la santé. Comme vous l’avez deviné, c’est un peu plus complexe que ça. Mais certaines personnes le prennent tel quel et remettent par exemple en cause les vaccins. Ainsi, aux USA, deux cas de peste ont été signalés et plus d’une dizaine sur tout le continent américain. En France, ce sont des maladies comme la rougeole, la gale ou la tuberculose qui refont surface. En 2010, au plus haut taux de scepticisme, 40% des Français doutaient de la réelle utilité des vaccins. Pourtant dans un monde mondialisé, il semble de plus en plus nécessaire de se prévenir contre les pandémies.

 


Cet article est volontairement un peu provocant vis-à-vis de mes amis en sarouel, même s’il me semble que ce soit un sujet assez important. Avec des initiatives telles que Nuit Debout, il est important de savoir dans quelle direction nous voulons aller en prenant en compte le maximum de personnes. Nous n’arriverons pas à changer les choses s’il n’y a pas un consensus, et ne pas prendre en compte tout le monde ne fera que bloquer les choses, à l’image de la Nuit Debout et de leurs tentatives de communiquer avec les quartiers nord de Marseille, même combat, mais pas mêmes outils.

 

TANGUY

Your comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *