DUNKERQUE le plein de sensations & VALERIAN du budget sans talent
Line 1 août 2017

Temps de lecture : 8 minutes

Le grand réalisateur adoré par la majorité Christopher Nolan (trilogie Batman, Inception, Interstellar, …) revient en s’attaquant à un nouveau genre : le film de guerre. Le film est beau, sensoriel, bien pensé, réussi, mais ne m’a malheureusement pas emballé. En face, Besson ne cessant de se faire descendre ne va pas remonter dans l’estime des Français avec son nouveau film qui confirme son manque d’originalité.


DUNKERQUE UN FILM DE SURVIE ENTRE LE BLOCKBUSTER ET LE FILM D’AUTEUR 6,5/10
Nous sommes en Mai 1940 à Dunkerque, 400 000 Anglais sont encerclés sur la plage et tentent de rentrer chez eux sains et saufs, ce qui relève du miracle.

C’est sûr, Nolan ne s’est encore une fois pas loupé et arrive à nous étonner par sa mise en scène réaliste totalement immergeante. Mais ne vous attendez pas à voir de la stratégie militaire, de longs débats entre soldats, des morts qui vous tirent les larmes, des photos de femmes qui leur manquent… Ici c’est le milieu de la guerre en pleine bataille, l’ennemi peut vous descendre à tout instant, le scénario n’a qu’un seul et unique but : survivre. C’est là toute l’originalité du film, il n’y a pas de construction scénaristique évolutive, on n’a pas (ou peu) d’attache envers les personnages, peu de dialogue, tout se résume à se besoin de survire à tout prix. Les évènements s’enchaînent sans forcément tendre vers un but escompté. Si tu passes cette attaque, tu vis. Sinon, tu crèves. Point.
C’est ce qui rend ce film très réaliste et intéressant. Nous avons une sorte de film choral où nous suivons plusieurs individus divisés en 3 groupes en 3 endroits distincts : les soldats sur terre, les civils en mer, et les aviateurs dans les airs. Ces personnages sont ici seulement pour nous aider à bien cerner l’enjeu de cet évènement, car il y a réellement une distanciation installée entre eux et le spectateur : ils ne sont que des individus dans cette masse angoissante. Exception faite peut-être pour les aviateurs (comptant Cillian Murphy et Tom Hardy), présentés comme les grands héros de la guerre malgré qu’on ne sache absolument rien de leur vie, personnalité, identité… On notera également les plans d’aviation incroyablement bien maîtrisés !
Le but est donc de nous immerger dans cet évènement ô combien angoissant. Le son a une importance primordiale car c’est lui qui orchestre toute l’oppression, la peur lorsque l’on entend un avion arriver : est-il anglais ou allemand ? Des bombes de tous côtés, des tirs, … On ne peut qu’assister impuissant à l’atroce facilité de la guerre. Mention spéciale également à la superbe musique d’Hanz Zimmer qui porte à merveille le film !

Si le film est très bien maîtrisé et intéressant dans sa mise en scène, il ne m’a pourtant pas beaucoup plu. La distanciation est telle qu’il peut être difficile de rentrer dans le film et ce fut mon cas. N’étant pas fan de ce genre ça n’a pas beaucoup aidé, et si on n’accepte pas le deal de ressentir toute cette violence de toute part, on s’emmerde.
Comme nous nous identifions à aucun personnage, nous avons un recul trop important sur le film. Du coup, nous assistons a un même enchaînement d’évènements qui se répètent sans cesse attendant simplement la fin de savoir qui meurt ou non. J’avoue avoir regardé plusieurs fois ma montre à en avoir plus rien à foutre de la mort passant devant mes yeux tellement elle semblait redondante (oui c’est horrible). Point à la fois positif et négatif du coup, peu de romanisation, on ne trouve pas de ralentis ridicules dès que quelqu’un meurt ou qu’un avion ennemi approche, pas de « Noooooon Jaaaack » ou autre et ça fait du bien, juste du réalisme. Mais du coup, comme il n’y a pas de scénario a proprement parlé, il faut s’accrocher pour rester dans le film. Forcément, même avec du recul, on est obligé de s’interroger : Comment survivre ici ? Que ferais-je à leur place ? Comment en revenir indemne ? La réponse : on n’en a foutrement aucune idée tant que l’on n’y est pas. Voilà tout mon problème avec ce film et le genre film de guerre en général, on ne peut participer aux évènements, et avec ce genre de film hommage j’installe automatiquement un certain recul, je ne peux m’identifier à quelque chose qui semble si dur à représenter et qui est pourtant arrivé à des millions de personnes. On reste passif sur notre siège à observer l’horreur, tranquillement installé, comme un 20h devant sa télé à manger un bon bœuf bourguignon devant des syriens blessés et en larme. Comme vous l’aurez compris, si vous « appréciez » les sensations que proposent le film vous passerez un moment assez unique, sinon vous pourrez trouver le temps long même si le film reste intéressant.

On note tout de même deux critiques majeures autour de ce film, d’abord la place des Français dans cet évènement historique qui est totalement passé au second plan et ne leur rend pas vraiment hommage alors qu’ils se sont sacrifiés pour les Anglais. Puis de nombreux anachronismes, particulièrement un plan qui m’a beaucoup surprise avec des maisons et lampadaires très récents en arrière-plan, pas du tout dissimulés.

Quoiqu’il en soit, tout ce réalisme fait du bien et Nolan rend un bel hommage à cet évènement. Ça ne fait jamais de mal de se remémorer ces moments passés qui semblent presque surréalistes à l’écran.

VALERIAN IMAGES SUPERBES, SCÉNARIO DE MERDE  5/10
28ème siècle, Valerian et Laureline sont deux agents de la sécurité du gouvernement intergalactique  La cité Alpha regroupant des milliers d’espèces différentes est menacée par une force inconnue cherchant à la détruire. En plus de travailler sur leurs sentiments amoureux respectifs  ils vont devoir trouver cette force inconnue et la détruire. 


Sans vous mentir, j’étais partie dans un esprit où le film serait mauvais mais divertissant, avec de belles images et j’espérais faire une halte au Besson Bashing qui ne cesse depuis des années. Mais ça ne sera pas pour ce film malheureusement. Pourtant tout était là pour créer un bon film : le budget, une bonne équipe (exit Cara Delevingne j’y reviendrai), une bonne base d’inspiration par la bande-dessinée, mais il manque réellement du talent et de l’originalité. La première partie du film est supportable par les images qui sont vraiment bien maîtrisées, il n’y a rien à dire là-dessus, c’est propre, c’est beau, on a même quelques passages vraiment réussis mais qui sont déjà présents dans la bande-annonce. On n’en a fini avec les qualités du film.
Pour la réalisation, on notera quelques maladresses notamment les mouvements de caméras qui manquent parfois de fluidité mais surtout les nombreux gros plans désagréables. Oui c’est à la mode d’en faire pour être plus dans l’émotion, le ressenti, la psychologie, mais Dolan sait les manier, pas Besson. D’autant plus que le scénario ne s’y prête absolument pas et on évite au maximum les gros plans quand on a une actrice qui joue aussi mal. La mannequin semble avoir du mal à changer de métier et lie donc les deux. C’est simple, on a l’impression qu’elle est sans cesse sur un podium de défilé, le regard figé et froid. Les seules fois où elle tente de réagir sont pires, totalement ridicule, surjoué. Pour ne pas arranger les choses, son doublage français est aussi dégueulasse que son jeu, une voix qui se veut sensuelle et trop jeune tandis que « l’actrice » tente de jouer une femme de caractère, les deux ne correspondent pas du tout. Je ne veux pas me la jouer grande patriote, mais seuls deux acteurs aux rôles pourtant très secondaires se retrouvent très au-dessus du lot : Alain Chabat et Mathieu Kassovitz. J’essaye de me convaincre que tout n’est pas si terrible, mais ces deux là me remettent en pleine face un vrai talent, un vrai charisme qui réduit tout ce qui les entoure en ridicule. Ils sont doués en quelques secondes. Et Rihanna me demandez-vous ? On ne s’attendait pas à un grand jeu d’actrice mais elle n’en ai pas pour autant ridicule. Malheureusement sa scène de danse est ratée, on est entre la contemplation, la class et « l’humour », ça ne marche pas. Comme tout le reste du film, cette scène aurait vraiment pu être superbe, glamour et rythmée, mais il n’en est rien, elle est juste banale. En fait, tout donne l’impression qu’il y a un manque de travail au niveau du story-board, « à quoi sert cette scène ? Qu’est-ce-qu’on veut faire passer au spectateur ? « . Quoique, on ressent bien et même trop que certains passages correspondent à un but précis : là c’est la séquence émotions, maintenant on passage à la scène d’humour. Ça manque vraiment de fluidité et de finesse.
En parlant d’humour, c’est l’aspect qui m’a le plus choquée, on voit à quel point Besson n’a pas évolué. Toutes les blagues sont basées sur l’ironie des deux personnages principaux à l’ego surdimensionné, elles pullulent dans le film mais ne marchent jamais voire, à force, créent de la gêne chez le spectateur. J’ai souri une fois. Comme les blagues, tout le scénario est d’un prévisible navrant et le pire reste les 30 dernières minutes (pas de spoil ne vous inquiétez pas). On navigue entre les morales bidons interminables, les humains sont les héros et les pires méchants de l’univers à la fois, et surtout les explications de l’intrigue par les dialogues, mais en plus par des flash-back ! Ou comment nous prendre de gros demeurés, on approche l’anti-cinéma. Si on peut suivre 7 saisons de Game of Thrones on peut aisément comprendre un Valerian de deux heures… Finalement, le film est intéressant pour ses images, et je pense même que vous pouvez réellement l’adorer ! Si vous avez 10 ans.


Hitchcock disait : « Lorsqu’on raconte une histoire au cinéma, on ne devrait recourir au dialogue que lorsqu’il est impossible de faire autrement ». C’est là toute la différence entre ces deux films qui fait de DUNKERQUE un vrai film de cinéma contrairement à VALERIAN.

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