Canada je t’aime
TANGUY 11 mai 2016

Temps de lecture : 4 minutes

J’ai eu la chance de partir un mois dans la partie française du Canada : le Quebec. Je suis tombé amoureux de ce pays, de ces paysages, et des ces villes.


 

Nous avons effectué un road trip d’une semaine dans l’est du Quebec, en Gaspésie. Absolument tout ce que j’ai pu voir m’a charmé, que ce soit les immenses barrages de castor, les bancs de baleine migrant au loin ou simplement les paysages.

 

J’ai passé environ trois semaines à Montreal. Je comprends pourquoi beaucoup de français cherchent à partir en PVT dans cette ville. Tout à l’air plus simple, plus détendu, plus beau. Je sais que j’ai le côté dépaysement qui joue dans ma perception de cette ville, mais j’ai réellement apprécié l’ambiance qui s’en dégageait. Le Mont Royal, comme chaque été, abrite les piknik electronik (qui ont inspiré les goûters électroniques de Nantes il me semble) où tout le monde se réunit pour profiter du soleil printanier.

 

Sur les routes de Gaspésie © Tanguy
Sur les routes de Gaspésie © Tanguy

 

D’ailleurs, au cours de mon mois de vacances, j’ai eu l’occasion de profiter des changements de température que peut offrir le Quebec au mois de mai. Jusqu’à 40 degrés à Montréal (au mois de mai) à -10 degrés la nuit en Gaspésie.

 

 

Sur les plages de Gaspésie © Tanguy
Sur les plages de Gaspésie © Tanguy

 

La suite du voyage a été particulièrement agréable, à part la nuit dans le parc de la ville natale de Céline Dion (oui c’est un voyage culturel) où il a fait -10 degrés la nuit alors que nous étions en tente. Les paysages qui s’offraient à nous ont suffit à nous convaincre du bien fondé de notre voyage. Tempête de neige, pique-nique sur la plage, superbes rencontres. Je vous conseille vivement cette partie du Québec, qui cristallise beaucoup l’imaginaire que l’on peut se faire sur ces grands espaces. Montréal est une ville vraiment agréable à visiter, et je ne saurais que trop vous conseiller le bar Les Foufounes Electriques !

 

— UN PAYS EN ÉBULLITION
Le Canada, plus largement que le Québec, rayonne également par sa politique, avec leur premier ministre Justin Trudeaux. Outre ses engagements à contre-pied du reste du monde concernant les politiques internationales et notamment de l’Europe (Ouverture des frontières, participation à une gay pride, développement des aides aux réfugiés, investissement majeur dans la culture, les infrastructures, etc). C’est un véritable souffle d’air frais quand on voit ce qui se passe de l’autre côté de la frontière avec Trump et les futurs candidats français aux prochaines élections présidentielles.

Mais toute cette énergie et ces beaux paysages canadiens cachent une autre réalité : la difficile existence des amérindiens et la pollution engendrée par les exploitations pétrolières de sable bitumeux. Ces deux gros problèmes contrastent avec l’image du pays démocratique et du dialogue social, ce qui amène à une situation schizophrénique.

 

Sur les hauteurs de Gaspésie © Tanguy
Sur les hauteurs de Gaspésie © Tanguy

 

– LES AMÉRINDIENS DANS A LA DÉRIVE
Les amérindiens doivent faire face à énormément de problèmes, et pour beaucoup, la sédentarisation forcée par les autorités. En quelques dizaines d’années, beaucoup de tribus ont dû passer de l’état de nomade à l’installation dans des villages. Privés de repères, beaucoup de jeunes générations sombrent dans l’alcoolisme et la délinquance. Il y a des mesures draconiennes contre les boissons alcoolisées pour essayer de contenir ce fléau. Mais comme toutes interdictions ou répressions, les résultats sont plus que contestables.

La morosité due aux inégalités pousse les jeunes générations au suicide, et un état d’urgence national a même été décrété pour lutter contre ce phénomène. En mars dernier, dans la réserve Attawapiskat, c’est 28 tentatives de suicides qui avaient été enregistrées, pour un village de seulement 2000 âmes ! Mais Justin Trudeaux a décidé de renouer contact avec ces populations et de trouver des arrangements. C’est une longue histoire de maltraitance et de mise à l’écart de la société qui se termine. Car entre 1870 et 1996, ce sont des milliers d’enfants amérindiens qui ont été enlevés à leurs parents pour être mis en pensionnat, où le racisme et les sévices étaient quotidiens. Il y aurait eu plus de 3200 morts. Un peu moins de 1200 femmes ont été assassinées ces trente dernières années et le Canada commence à peine à ouvrir les yeux.

 

Les graves incendies qu’affronte en ce moment le Canada sont dus à la surexploitation pétrolière de sables  bitumeux. Beaucoup d’associations, dont GreenPeace, ont tiré les sonnettes d’alarme car les conséquences écologiques sont immenses. Mais malheureusement, ce sont encore les amérindiens qui en payent le prix fort, car les exploitations se font majoritairement dans le nord.

 


Loin d’être le pays parfait, le Canada se transforme de plus en plus grâce à l’élection de son nouveau premier ministre. Reste à savoir s’il arrivera à changer le pays comme il l’a promis. Malgré tout, ça reste un pays vraiment beau.

TANGUY

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