Ask Mona, l’intelligence artificielle au service de la culture
baptiste 19 septembre 2017

Temps de lecture : 4 minutes

Non l’intelligence artificielle ce n’est pas uniquement le prochain Terminator, c’est également le meilleur compagnon de Léonard De Vinci et plus généralement de la culture. La preuve, Ask Mona, un chatbot disponible 7j/7 sur Facebook Messenger qui cultive ta curiosité et te conseille en quelques secondes des expos, musées ou monuments en fonction de ta géolocalisation, de ton budget et de tes envies. Marion Carré, cofondatrice de cet agent conversationnel a répondu à nos questions.


ACHIMY : Comment est né le projet ?
Marion Carré : Ask Mona est né d’un premier projet que j’avais lancé auparavant : Il était à Paris. Il s’agit d’un blog qui a vocation à parler de l’histoire de Paris au travers de formats innovants. Assez rapidement ce blog (toujours existant) a rassemblé une communauté de lecteurs assez engagés qui me posaient régulièrement des questions sur Facebook pour obtenir des conseils de visite. C’est à partir de là qu’a germé l’idée d’Ask Mona, un robot avec lequel on peut discuter sur Facebook pour avoir des conseils personnalisés de sorties culturelles, que l’on a concrétisée avec mon associé Valentin Schmite.

 

A : Justement, quelle est la place d’Ask Mona face au blog, guide touristique, journalistes culturels, etc ?
MC : Je pense qu’Ask Mona intervient à un moment différent de ces autres supports, souvent consultés en amont de la visite. Ask Mona est là pour conseiller les personnes qui improvisent des sorties culturelles, elle intervient au moment où ces personnes sont déjà dehors et se demandent ce qu’elles peuvent bien trouver dans les environs. Le contenu est également très différent : il ne s’agit pas d’un catalogue ou de critiques mais de propositions contextualisées et ciblées.

 

A : Quelle est la part d’humain derrière la curation réalisée par votre chatbot ?
MC : En fait la part d’humain reste assez importante. Notre équipe sélectionne toutes les sorties proposées par le chatbot et rédige pour chacune un contenu qui donne envie aux utilisateurs de se rendre sur place ainsi que des anecdotes. Nous pensons que la qualité du contenu est vraiment un élément différenciant parmi les chatbots.

© Antoine Peltier

A : A contrario, comment votre Joconde se nourrit-elle de l’intelligence artificielle ?
MC : L’intelligence artificielle nous sert essentiellement à interpréter les requêtes des utilisateurs, par exemple « Je veux emmener mes enfants à une exposition gratuite sur la mode cet après-midi dans le marais ». Une fois que le message est correctement interprété, c’est notre algorithme de recherche qui prend le relais pour trouver la proposition la plus adaptée au sein de notre vaste base de données. Notre intelligence artificielle s’entraîne en permanence à partir des requêtes des utilisateurs.

 

A : Le débat est ouvert quant à l’avenir de l’intelligence artificielle. A votre échelle et en la côtoyant tous les jours, en quoi peut-elle être un atout pour la culture ?
MC : Nous pensons qu’il y a énormément de choses à faire avec l’intelligence artificielle dans le secteur culturel. Avec Ask Mona, nous menons d’autres expérimentations à côté de la recommandation de sorties culturelles. Par exemple, d’ici la fin de l’année 2017, nous allons installer deux dispositifs dans des lieux culturels grâce auxquels Ask Mona pourra informer ses utilisateurs grâce à de la reconnaissance textuelle et visuelle.

 

A : D’ailleurs, comment est accueilli le projet par les musées, institutions ou autres lieux culturels ?
MC : Les lieux culturels nous font un bon accueil. Nous avons eu la chance d’avoir très tôt le soutien du Ministère de la Culture ainsi que de deux importantes institutions culturelles : le Centre des Monuments Nationaux et Paris Musées. D’autres lieux culturels nous ont également fait confiance assez rapidement. Mais nous avons toujours un travail de pédagogie sur ce que nous faisons.

 

© Ambar Del Moral

 

A : On lit sur votre site, «Ask Mona, une intelligence artificielle pour rendre la culture accessible à tous ». De la même façon, Matt Petronzio, journaliste chez Mashable titrait récemment : « How Facebook Messenger bots are driving social change around the world ? ». Ainsi, la notion d’utilité sociale est-elle importante dans votre développement ? Partagez-vous le point de vue de Matt Petronzio ?
MC : Je pense que cette dimension d’utilité sociale est effectivement importante. Avec Ask Mona nous voulons contribuer à l’accessibilité des lieux culturels par une meilleure diffusion de l’information, notamment auprès du jeune public (18-35 ans). D’un point de vue plus global, je pense que les chatbots peuvent effectivement contribuer à faciliter la vie de certaines personnes.

 

A : Pour finir, vous venez d’intégrer le campus Station F pour poursuivre le beau chemin parcouru. Quels sont donc vos prochains défis ? Peut-on imaginer Ask Mona dans une autre langue ou dans d’autres villes ?
MC : Nous avons effectivement plein de défis ! Nous développons en ce moment une nouvelle version, qui contient notamment de l’anglais et que nous allons sortir d’ici la fin de l’année. Pour ce qui est de notre extension à d’autres villes, nous recevons chaque semaine des messages d’utilisateurs qui nous demandent quand nous serons disponibles dans leur ville et nous commençons à nous organiser pour répondre à cette demande. Enfin, nous avons de beaux projets avec des lieux culturels qui vont sortir dans les mois à venir…

baptiste

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